« Fando et Lis » et « Faust-bal » de fernando Arrabal: opéras.

« … « Fando et Lis », l’opéra en trois actes  de Fernando Arrabal  [créé  le 12 palotin de l’an 145 de l’Ère ‘Pataphisique (1°-V-2018, v) « Réprobation du Travail »]  a été mise en scène par  Kristian Frédric avec la musique de Benoît Menut; choeur lyrique Saint-Etienne Loire (chef de choeur : Laurent Touche) et Orchestre Symphonique Saint-Etienne Loire, direction : Daniel Kawka  [Fernando Arrabal   fut par deux fois metteur en scène d’opéra : La Vida breve et Goyescas];  nous sommes enchantés par l’audace d’une entreprise, qui, disons-le, aura été en tous points à la hauteur de  Fernando Arrabal… »

DIRECTEUR GÉNÉRAL ET ARTISTIQUE:    ÉRIC BLANC DE LA NAULTE

 

***

FAUST-BAL de Fernando Arrabal    [Estreno absoluto, encargo del Teatro Real.]

EQUIPO ARTÍSTICO:

Musica de Leonardo Balada

Director musical Jesús López Cobos
Director de escena Joan Font
Escenógrafo y figurinista Joan Guillén
Coreógrafo Xevi Dorca
Iluminador Albert Faura
Director del coro Peter Burian

REPARTO:

Faust-bal: Ana Ibarra  (o María Rodríguez)
Amazona:  Cecilia Díaz
Margarito: Gerhard Siegel (o  Eduardo Santamaría )
Mefistófeles: Tómas Tómasson (o  Lauri Vasar )
Dios: Stefano Palatchi
Un juez: Fernando Latorre

CORO DE NIÑOS DE LA COMUNIDAD DE MADRID
Felix Redondo, director

CORO Y ORQUESTA TITULAR DEL TEATRO REAL
Coro y Orquesta Sinfónica de Madrid   [Una de las  funciones  fue retransmitida en directo por Radio Clásica, de Radio Nacional de España].

 

« …el compositor Leonardo Balada abandonó por Arrabal , con razón,  su proyecto de una ópera sobre La Pasionaria, lo cual  habría sido un himno inquisitorial a su jefe Stalin… »

« …el Teatro Real, en su tarea de fomentar la ópera española actual, programó  el brillante estreno absoluto de « Faust-bal »  de Fernando Arrabal.  [Fernando Arrabal  (11-8-1932,  Melilla): a pesar de ser uno de los escritores más  discutidos nacional e  internacionalmente, a la edad de diez años recibió  el Premio Nacional de superdotados y en desorden: el Pasolini de cine, el Nabokov International de Novela, el  Gran Premio de teatro en España,  el premio de ensayo  Espasa,  el Wittgenstein de filosofía, el Mariano de Cavia de periodismo, el Alessandro Manzoni de poesía, el premio de laAcadémie française de théâtre,  varios premios este verano y  la Légion d’Honneur.   Con  Duchamp, Ionesco, Simon Leys,  Baudrillard, Mandelbrot, Queneau y Man Ray es transcendente sátrapa de Patafísica]… »

« …el mayor triunfo en la historia del Teatro Real… ».

« … Jesús López Cobos hizo un gran trabajo con una partitura homogénea, mesurada, sólida y  brillante… »

« …Faust-bal es la criatura que nuestro autor más recocido creó: una  opera perfecta, admirablemente  escrita… »

« …Fausto es el  segundo mito del mundo occidental. De una rabiosa actualidad.  Vender su alma  y hacerlo a la vista de todos , desgraciadamente es una actitud permanente. En el Fausto del genial Arrabal  su Faust-bal prefiere solazarse científicamente   con una amazona y   tener un hijo inseminado ante   Mefistófeles y Margarito… »

« …en la parte lírica  conmovieron  las voces.  La profesionalidad y méritos del reparto  se celebró . Gustaron todos y en especial  Ana Ibarra, y la  amazónica Cecilia Díaz. Gerhard Siegel  como Margarito y Tómas Tómasson como Mefistófeles se recrearon cabales con el idioma español. Una noche inolvidable… »

« …es el sexto estreno mundial de un autor español contemporáneo que sube al escenario del Teatro Real desde su reapertura. Y desde luego el más glorioso… »

 

 

DELPHINE S E Y R I G.

LE JARDIN DES DELICES  d’Arrabal  a été créé le 25  haha de l’an 97 de l’Ère ‘Pataphysique [30-X-1969,v] au Théâtre Antoine  de Paris  par

DELPHINE SEYRIG: Laïs;

Bernard Fresson : Zenon ;

Marpessa Dawn : Miharca ;

et Jean-Claude Drouot : Teloc.

(Henri Kuhn, Julien Lugo, Tony Gatliff, Dominique Boitel).

Voix enregistrées de : Michel LONSDALE, Catherine Monnet, Madeleine Barbulée, Liliane Gaudet,  Madeleine RENAUD, Claude PIÉPLU  et JEAN ROCHEFORT.

Musique : J.-P. Drouet et Michel Portal.  Décors de Auguste Pace  exécuté en alupan avec éléments en altuglas par Ivo Krstulovic. Eclairagiste : Roger Ragoy.  Mise en scène de Claude Régy.

Costumes de PACO RABANNE.

***

Le 1° as de l’an 97 de l’Ère ‘Pataphysique [3-XI-1969,v] nous  tous avons célébré  la NATIVITÉ DE PANTAGRUEL  (et la pièce) en présence de Roland TOPOR, Olivier O. OLIVIER, COPI,  Jerôme SAVARY …  Sans mérite aucun de ma part Delphine Seyrig ce jour-là m’a offert (enveloppée d’un beau papier d’argent) la sirène de Mashhad.  En hommage à l’inoubliable Delphine Seyrig  j’ai réalisé un poème plastique avec son cadeau.

 

 

Duncan YOUNGERMAN.

***

« …mise en scène de Maria Swisher LE JARDIN DES DELICES (en anglais)  a été représentée par Tana Sirois (Laïs), Maria Swisher (Miharca), Olivier Rinaud et Adam Giannonne  en  2016 à New York:  …dans cette pièce on assiste aux jeux infernaux et paradisiaques des deux protagonistes. Avec la fantaisie du poétiquement phénoménal. L’œuvre trouve son inspiration dans le triptyque de Jérôme Bosch. Bien qu’elle ait été souvent représentée internationalement, elle n’a pas été jouée en Espagne avant 2011.

Le poète et cinéaste aux multiples talents était présent comme spectateur à la première, vendredi. Le collectif Artists of the City (LIC-A) a préparé un aperçu thématique sur la production du spectacle, qui est présenté dans le même espace. Fernando Arrabal (Melilla, 1932), est un poète et un artiste incombustible. Il occupe la chambre d’un hôtel situé dans le centre de New York. A ses pieds Times Square et les mains géantes d’une poétesse «colossale comme l’éblouissement». Proche de sa quatre-vingt-cinquième année Arrabal affirme : «Ils ont été vraiment merveilleux ces hommes et ces femmes, ces Titans, qui ont choisi l’exil et qui ont participé au surréalisme  ou au dadaïsme ou à la pataphysique pour faire un monde différent… et meilleur?»

Arrabal revient à New York après son AVC de 2013. Et maintenant, comme toujours, il parcourt les rues et les avenues de la grande ville, «follement», spontanément, soudainement. Il porte un T-shirt avec son image incrustée dans un tableau de Courbet («L’origine du monde»). Jusqu’en 2013 il venait tous les ans à New York. En 1959 il est arrivé pour la première fois grâce à une bourse de la Fondation Ford, comme l’un des six jeunes écrivains prometteurs de la littérature européenne avec Tomlinson, Hugo Claus, Günter Grass et Italo Calvino.

La vaste et prolifique trajectoire professionnelle du poète surréaliste, pataphysicien et, plus tard, fondateur du Théâtre panique, fait de lui une figure clé de l’histoire culturelle du XXe siècle. Mais Arrabal refuse de se mesurer à Duchamp, Dali, Breton, Tzara, Warhol, Beckett et tous ces grands artistes dont il a partagé l’amitié et l’activité créatrice. «Ils ont pensé que probablement la postérité ne parlerait pas de leurs œuvres. Dans mon modeste cas, ne parleront-ils que du Millénarisme?»

La trame du «Jardin des délices» est captivante. Il y a en elle différents degrés, diverses galaxies ou paradis. Si l’art de la poésie est l’ambigüité élevée à la hauteur des rêves ou des cauchemars – et, soit dit en passant, tel es le cas –, alors cette œuvre est-elle la plus poétique qu’on puisse imaginer?

La langue flotte, bondit, étincelle. La pièce a été traduite par Helen Gary: de toute évidence elle a fait un excellent travail. Il y a une éblouissante folie de mots traversant les espaces éthérés: comme des étoiles de diamant.

La pièce se déroule comme une confrontation dans  un éden/enfer. Les conflits et l’amour sont les symboles de la condition humaine à son niveau créateur. «Ou, peut-être la façon dont nous tous sommes notre propre message. Nous nous disons qu’en nous tous il y a une Laïs, quelqu’un qui a besoin de construire et de contrôler. Et une  femme qui a besoin de détruire.»

Aussi polyédrique qu’énigmatique, l’univers arrabalien est un monde dominé par la poésie, le jeu, la représentation. Arrabal  s’esquive lorsqu’il doit répondre à la question de savoir ce qu’il y a derrière l’écrivain. «Aujourd’hui encore mes collègues viennent me voir comme si je n’étais que le fils de mon père. Beaucoup, lorsqu’ils me rendent hommage en réalité honorent le condamné à mort.»

Poète et passionné d’échecs il soutient que la création mondiale est en bonne santé et évidemment l’espagnole. Beaucoup disent comme Quevedo : «J’ai contemplé les murailles de  ma cité». Et ils ne voient qu’excréments, destruction et désenchantements. Mais peut-être tous comme Quevedo refusent-ils de constater qu’ils vivent coude à coude avec Cervantes, Tirso, Lope ou Gongora.

«Nul n’est allé aussi loin (selon mon expérience), ni aucun autre dramaturge n’est parvenu auparavant à présenter ce cataclysme trépidant et ordonné sur les planches. Ce météorique instant. Avec la grâce du fantastique et l’écorce de la réalité.»

Sur ce qu’il lui reste encore à dire et à faire comme artiste Fernando Arrabal affirme: «J’ai l’impression qu’il ne me reste plus le temps de réaliser la quantité de choses qu’il me reste à faire. Car je ne suis que «celui qui fait». Ce que je désire c’est que, ici et maintenant, le «Jardin des délices» continue à être une fête saphique, surréaliste, pataphysique, panique et dadaïste au cœur de  la Grosse Pomme… »

 

 

Aguascalientes  (Mexique): PIC NIC de Fernando Arrabal.

Teatro de Aguascalientes  (México).
PIC NIC de Fernando Arrabal
Personajes:
  • Zapo: Soldado, Hijo del matrimonio Tepán.
  • Zepo: Soldado enemigo.
  • Señor Tepán: Padre de Zapo.
  • Señora Tepán: Madre de Zapo.
  • Dos Camilleros.
Dirección y producción de Cecilia Petrone Gutiérrez (22 años años).
« …hemos escogido  « Pic Nic »   ya que la obra es maravillosa y  nos  encanta tener el  honor de trabajar con su autor.   …’Picnic’, ‘Pic-Nic’ o ‘Picnic en el campo de batalla’ es una obra escrita por Fernando Arrabal (86 años) en 1947 . La obra es un claro alegato contra la guerra. La obra cuenta, de manera genial, como un matrimonio decide ir a la guerra  a visitar a su hijo  un soldado, y proponerle un día de campo en el frente de batalla. Luego aparecerá un soldado enemigo, el cual se unirá a éste picnic de manera amistosa y empezarán a comentar lo que pasa en la guerra, llegando a la conclusión que ninguno de ellos quiere estar ahí, buscan soluciones para acabar con ese absurdo conflicto; felices con sus ideas y con la intención de regresar a casa, son bombardeados (a muerte) por culpa de la batalla que empieza a hacer furor en donde ellos se encontraban. Saludos cálidos desde Aguascalientes… »

Diplomacia pánica e hispánica.

… muchas gracias;

disponen ustedes

de muy buen gusto

y de mejor memoria;

creo que es la primera  vez que

en  63 años

tenemos el honor

de recibir semejante invitación;

obviamente  seguimos

siendo transparentes

para el señor embajador;

pero celebramos

que sus colaboradoras

se acuerden

de nosotros

incluso en francés

pues de todo fuego hacemos nuestra leña;

desgraciadamente

el 6 haha del año 146 de la E. ‘P.

(11 de octubre de 2018, v)

celebraremos

si Pan nos presta vida

santa Tourte

lírica

y santa Bévue

socióloga;

arrabalaicamente suyos

bienquistas Soriano y Lobato:

L. y F.;

Le 21 sept. 2018 à 18:53, . Emb. París. Secretaría <emb.paris.sec@maec.es> a écrit :  Invitation personnelle à l’attention de Monsieur Fernando ARRABAL et Madame

Monsieur ARRABAL et Madame, Veuillez trouver en pièce jointe l’invitation que l’Ambassadeur d’Espagne et Madame Carderera ont l’honneur de vous adresser, pour la réception organisée à l’occasion de la Fête nationale espagnole, le jeudi 11 octobre prochain.  Cette invitation est personnelle et non cessible. Merci de bien vouloir imprimer cette invitation.  Elle vous sera demandée à l’entrée avec un document d’identité. Pour des raisons de sécurité, nous vous prions de bien vouloir nous confirmer par mail votre présence avant le 2 octobre. Cordiales salutations,

 

Jean -Claude Trichet et Alain Robbe-Grillet au Salon Pourpre du Sénat. 

Christèle Jacob en 2007 à réalisé ce you tube:
qui évidemment est un document unique.
Un jour au Salon Pourpre du Sénat (Palais du Luxembourg), j’étais  avec mon ami Alain Robbe-Grillet.  Lorsqu’il m’a présenté à un « co-lauréat du trophée remis au Sénat »:   Jean Claude Trichet. J’ai  pensé que  c’était un collègue d’Alain: un romancier. « Non, je suis banquier ». « Vous êtes, donc, un ‘Banquier anarchiste’, comme l’a décrit Fernando Pessoa ».  » Pas du tout , je suis au contraire le Gouverneur de ma banque ».  « Quelle banque? ». « La Banque centrale européenne ».  « C’est une blague!… je ne peux pas vous croire ». « Je peux vous le démontrer…; avez-vous un billet? ».  J’en avais: un de 20 €. Je l’ai sorti. « Regardez la signature :c’est  la mienne ». « Mais comment pourrez -vous me démontrer que vous avez  vraiment signé ce billet en circulation? » . « C’est facile: je vous le signe »…***
JEAN-CLAUDE TRICHET est né le 20 décembre 1942 à Lyon.
Ingénieur civile.
Élève de l’École nationale d’administration de 1969 à 1971. Il fait partie de la promotion Thomas More.
Conseiller pour le think-tank transatlantique European Horizons.
Directeur du Trésor de 1987 à 1993.
Gouverneur de la Banque de France de 1993 à 2003.
Président de la Banque centrale européenne de 2003 à 2011.
  • Il est élu membre de l’Académie des sciences morales et politiques le 22 février 2010.
  • Il est président du groupe européen au sein de la Commission trilatérale depuis 2012.
  • Il est Gouverneur honoraire de la Banque de France (depuis le 8 mars 2012).
  • Commandeur de l’Ordre de la Légion d’honneur.
  • Officier de l’ordre nationale du Mérite.
  • Grand-croix de l’ordre du Mérite de la République fédérale d’Allemagne.
  • Chevalier grand-croix de l’ordre d’Orange-Nassau des Pays-Bas.
  • Grand-croix de l’ordre de l’Infant Dom Henri du Portugal .
  • Policy maker of the yearThe International Economy magazine (1991).
  • Prix Zerilli Marimo, Académie des sciences morales et politiques (1999).
  • Prix international Pico della Mirandola (2002).
  • Prix franco-allemand de la Culture (2006) – Deutsch-Französischer Kulturpreis (2006) .
  • Médaille d’or Ludwig-Erhard (en 2007).
  • Man of the year du Financial Times pour sa gestion de la ‘crise du subprime’ (2007)
  • Prix international Charlemagne (2011).
  • Plusieurs universités ont conféré à Trichet le titre de docteur honoris causa.
  • Vision pour l’Europe Award.
  • Jean-Claude  Trichet  vient  de déclarer le 5 septembre 2018 : « …l’accélération de l’endettement des pays émergents rend aujourd’hui l’ensemble du système financier mondial au moins aussi vulnérable sinon plus qu’en 2008.  La situation financière actuelle est aussi dangereuse qu’au moment de la chute de la banque américaine Lehman Brothers en septembre 2008. Il est maintenant admis que le surendettement massif des économies avancées a été un facteur essentiel dans le déclenchement de la crise financière mondiale des années 2007 et 2008. Or aujourd’hui, la croissance de l’endettement – en particulier privé – des pays avancés a ralenti, mais ce ralentissement est compensé par une accélération de l’endettement des émergents. C’est ce qui rend aujourd’hui l’ensemble du système financier mondial au moins aussi vulnérable sinon plus qu’en 2008.  L’institution monétaire européenne basée à Francfort s’est retrouvée en première ligne au côté des autres grandes banques centrales mondiales à partir de 2007. Le vrai début de la crise financière qui allait déferler sur le monde, je l’ai perçu le 9 août 2007 au matin lorsque nous avons été confrontés à une interruption complète du fonctionnement du marché monétaire de la zone euro.  Plusieurs signaux avaient déjà laissé entrevoir une fragilité du marché hypothécaire américain, mais à l’été 2007 les événements s’accélèrent et les premières faillites se produisent aux Etats-Unis. Fin juillet, les bourses mondiales vacillent et la contagion atteint l’Europe : l’Allemagne doit renflouer en catastrophe la banque IKB, un plan de sauvetage de plus de trois milliards d’euros.  Le 9 août 2007, le groupe bancaire français BNP Paribas gèle trois de ses fonds investis aux Etats-Unis, dont l’encours a fondu de 400 millions d’euros en quelques jours. La panique gagne et le marché monétaire, sur lequel les banques s’échangent des liquidités, s’assèche brutalement.  La situation était sans précédent depuis la deuxième guerre mondiale : il n’y avait plus aucune activité normale, plus aucune transaction entre banques, plus de taux d’intérêt sur le marché. (…) Je prends alors avec mes collègues la décision de donner toute la liquidité demandée par les institutions financières sans limite . Ce 9 août 2007, une cinquantaine de banques de la zone euro demandent à la BCE 95 milliards d’euros de liquidités pour pouvoir faire face à leurs obligations, un montant jamais vu. Et elles l’obtiennent. J’étais alors en Bretagne, dans ma résidence secondaire de Saint-Malo, en liaison électronique constante avec la BCE et les membres du directoire. Nous prenons la décision en deux heures trente. Cette décision a été considérée comme très importante par tous les observateurs et les participants du marché car elle démontrait que la BCE pouvait prendre très rapidement des décisions extrêmement audacieuses. Il y avait deux écoles : ceux qui pensaient que la crise des ‘s annonçait quelque chose de grave et de majeur à venir et ceux qui estimaient qu’il ne s’agissait que d’une simple correction du marché, plutôt saine et sans gravité systémique. J’appartenais à la première école ». Loin de s’apaiser, la situation continue à se dégrader au fil des mois jusqu’à l’embrasement généralisé : le 15 septembre 2008, la banque d’affaire américaine Lehman Brothers se déclare en faillite. Lehman a beau être la plus petite banque d’affaires de Wall Street, « c’est le détonateur ». Dans les jours qui précèdent, je suis en contact avec Ben Bernanke (le patron de la Banque centrale américaine, la Fed), avec Tim Geithner (chef de la Fed de New York), avec mes collègues du monde entier. Nous sommes en conférence permanente. Nous expliquons que le dépôt de bilan de Lehman aurait des conséquences catastrophiques, mais je comprends que le gouvernement américain ne sauvera pas Lehman au cas où il n’y aurait pas de solution privée.  De fait, critiquées à gauche à comme à droite après l’aide publique apportée aux organismes de refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac, les autorités américaines laissent Lehman s’effondrer. Ma compréhension est que l’exécutif américain estimait ne pas avoir, à ce moment là, la capacité politique d’intervenir avec de l’argent public. Je me préparais donc moi-même à la catastrophe… »

Jean Piat s’est occulté à Paris hier.

JEAN PIAT, né le 23 septembre 1924 à Lannoy dans le Nord s’est occulté  le 18 septembre 2018 à Paris.
Inoubliable acteur de « Les rois maudits » et auteur des livres : « Et …vous jouez encore » (2015)…
De 1975 à 2018  il est le compagnon de l’auteure de pièces de théâtre FRANÇOISE DORIN.

Par exemple  « Le tournant ».

Première  le 9 janvier 1973  au Théâtre de la Madeleine.

Grand succès:  dernière le 12 janvier 1975.

Mise en scène de Michel Roux.

Avec JEAN PIAT: Philippe ;

Evelyne Dandry : Marie-France ; Yves Rénier : Romain ; Françoise Fleury : Florence ; Madeleine Damien : Mathilde ;

Dominique Constanza : Brigitte ; Michel Beaune : Gérard ; Monique Béluard : Tatiana.

[L’épouse d’un ‘auteur de boulevard à succès’  s’éprend d’un ‘auteur d’avant-garde’ barbu, petit et d’origine étrangère.

Un jour les deux adultérins sont sur le point d’être découverts: « Ciel, mon mari! »…

Conseil final de la maitresse à l’auteur d’avant-garde: « Cache-toi  dans l’armoire »…]

TOM WOLFE vs NOAM CHOMSKY.

Tom WOLFE:   El reino del lenguaje (Anagrama, Madrid ) 

Tom WOLFE:  Le règne du langage (Robert Laffont, Paris)

***

« … ‘au commencement était le verbe’.  Mais l’était-il vraiment ? Tom Wolfe enquête ici sur les origines de son principal outil de travail (et objet de passion) : la langue. Pour lui, pas de doute, c’est bien au langage …qu’on doit le développement des sociétés et les réalisations complexes de l’humanité. Wolfe examine comment la science a essayé, en vain, de fournir une explication à ce don de la parole. Avec un humour jubilatoire,  signe un petit bijou d’érudition,  d’une incroyable férocité …. »
« …le langage …ne comporte que trois voyelles (a, o, i) et huit consonnes (p, t, b, g, s, h, k et x, le phonème coup de glotte). C’est la langue la plus compacte et ténue qui soit. Les ‘Wolfe’:  sont illettrés, non seulement sur le plan lexical mais aussi visuel : la plupart sont incapables de décrire ce qu’ils voient sur des photographies en noir et blanc, même quand elles reproduisent des endroits et des visages connus. Le chercheur se rend compte qu’il a devant lui la phase primitive de l’expression orale et de la perception visuelle et qu’il est miraculeusement en mesure de l’étudier ici et maintenant, en direct. Pour les mathématiques, cependant, c’est moins évident car les ‘pirahãs’ ne savent pas compter, n’ont pas de chiffres, même pas « un » et « deux » mais uniquement deux vagues notions de « un peu » et « beaucoup ». De ce fait, l’argent reste pour eux un mystère insondable…. »
***
Noam Chomsky et  Tom Wolfe (MIT 1969).
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‘Tom Wolfe’  [Thomas Kennerly Wolfe,  né le 2 mars 1930 à Richmond en Virginie et occulté à New York le 14 mai 2018: journaliste, essayiste et écrivain américain.]

***

« ….y  ahí era donde aparecía el lingüista marciano de Chomsky que pronto se haría famoso.  Un lingüista marciano que llegara a la Tierra, repetía él…, muchas veces…, muchas veces…, comprendería de inmediato que todas las lenguas del planeta eran la misma, con solo algunas peculiaridades locales de menor importancia. Y ese marciano llegaba a la Tierra en casi todas las charlas que Chomsky daba sobre lenguaje.

Solo a regañadientes soportaba Chomsky a los lingüistas tradicionales que, como Swadesh, consideraban fundamental el trabajo de campo y acababan en sitios primitivos, saliendo de la alta hierba mientras se subían los pantalones. Eran como los papamoscas normales y corrientes de los tiempos de Darwin, que aparecían de buenas a primeras con la bolsa llena de hechos insignificantes y propagando su adorada fluidez políglota, al estilo de Swadesh. (…)

Chomsky tenía una personalidad y un carisma semejantes a los de Georges Cuvier en la Francia de comienzos del siglo XIX. Cuvier orquestaba su beligerancia a partir de pacíficos razonamientos para llegar a estallidos de furia calculados al milímetro y articulados con elegancia. En cambio, en el carisma de Chomsky no había nada elegante. Hablaba en tono monocorde y nunca alzaba la voz, pero de sus ojos emanaba una autoridad absoluta y su mirada atravesaba como un láser a su contrincante. (…)

La idea chomskiana del “órgano del lenguaje” creó un gran revuelo entre los jóvenes lingüistas. Con él, la disciplina parecía más noble, más rigurosamente estructurada, más científica, más conceptual, más platónica, y no solo un enorme montón de páginas apiladas que los estudiosos de campo traían de sitios que nunca se había oído mencionar…; la lingüística ya no significaba hacer trabajos de campo entre pueblos primi…, ejem…, poblaciones indígenas… cuya existencia nadie imaginaba siquiera. (…)

Noam Chomsky se convirtió en una autoridad a la que, en su ámbito científico, nadie se atrevía a tomar en broma. En el único caso registrado de alguien que se enfrentó con él sobre la cuestión del órgano del lenguaje, Chomsky se las ingenió para salir airoso. El escritor John Gliedman le formuló la Pregunta. ¿Acaso afirmaba que había encontrado una parte de la anatomía humana en la que ningún anatomista, internista, cirujano o patólogo del mundo había puesto los ojos alguna vez?

No se trataba de poner los ojos en ella, señaló Chomsky, porque el órgano del lenguaje estaba situado en el interior del cerebro.

¿Estaba diciendo que un órgano, el del lenguaje, estaba dentro de otro órgano, en el cerebro? Pero los órganos son por definición entidades diferenciadas. “¿Hay un sitio especial en el cerebro y una especie de estructura neurológica particular que incluya el órgano del lenguaje?”, inquirió Gliedman.

“Poco se sabe de los sistemas cognitivos y su base neurológica”, repuso Chomsky. “Pero, al parecer, la representación y el uso del lenguaje implican estructuras neurales específicas, aunque su naturaleza aún no se comprende bien”.

                                   El reino del lenguaje (Anagrama) de  TomWolfe

‘Centre for Cultural Decontamination’ de Belgrade: conférence d’Arrabal le 22 septembre à 17 heures .

Fernando Arrabal our special guest on 14th Drama Theatre. In that way, his appearance on the stage of one of the most importan theaters  and the official speech of the 52nd BITEF under title World without us, will be tribute to  his contribution to art and theatre in Belgrade.
BITEF and Centre for Cultural Decontamination in Belgrade a conference (lecture) on 22nd Septembre at 17.00: Fernando Arrabal.
[As the theme of this BITEF are migrations, it includes PANICO about « desterrados »]

 

En 1991 l’inoubliable Louise Bourgeois très compatissante .

Lélia A. .- Au  ‘Carpos’s Café’  (Mac Dougal et Bleeckler), aujourd’hui, en  1991, je gagne 5 $  de l’heure en servant des  capuccinos ou des hamburgers.
 
LOUISE BOURGEOIS (très  compatissante).- Je vous propose une bonne idée: pourquoi ne faites-vous  pas comme moi?
 
Lélia A. .- Comme vous? Je ne veux pas être une artiste! 
 
LOUISE BOURGEOIS.- Mais pour vous tirer d’embarras  vendez et achetez des immeubles comme moi.

En espagnol et en français quelques échos du « EL PLACER DOLOROSO DE LLORAR ».

Photo de Maxime Godard le 23 janvier 1995   au  22 rue Jouffroy d’Abbans.
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BEN : …j’ai tout lu, Topor m’a offert  l’oreille de Van Gogh
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WILSON COELHO    …voy a traducirlo y publicarlo en el Brasil
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MYLÈNE BESSON: …si vivant
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DIEGO MOLDES: …brillante
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ANTONIO GARRIGUES: …los inmortales saben mucho
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ALBERT DELPY:  …plein de lumière***

JESUS DEL RIO:  …fascinante, pero me da miedo tanto ocultamiento

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GUSTAVO CHARIF desde Beluchistan(?):  …’¿Nadie puede entender?’  Éstas fueron las últimas palabras de Joyce, según su hermana Eva. Pero ella no estaba presente, y tal vez él nunca dijo esas palabras. Y, si las dijo, no se referían a Finnegans Wake sino al personal del hospital, pidiendo por su esposa o por un vaso de agua. Pero muchos prefieren las leyendas, porque no saben que la vida siempre es más rica que cualquier imaginación, y les gusta pensar en un escritor preocupado de morir sin ser entendido. No sé si existen escritores a los que les preocupe ser entendidos. Ahora que lo pienso, ser entendido nunca fue un objetivo para mí. Mi objetivo siempre fue ser claro y preciso, y pocas cosas hay que confundan más a la gente que la claridad o la precisión. Si yo tuviera que decir mis últimas palabras, diría algo claro y preciso. Diría, por ejemplo, “no, gracias”. Ahora que lo pienso, la muerte puede venir en cualquier momento, por lo que de ahora en más, por si acaso, cada vez que termine cualquier frase agregaré un “no, gracias”. De esa manera seré recordado como alguien maravilloso que dijo unas últimas palabras memorables. Era la hora mágica, y estaba escribiendo estas palabras en la mesa del bar que mira al parque de diversiones, cuando la chica que tanto me gustaba finalmente se acercó preguntándome si quería ir a una fiesta en la playa, con algunos amigos. Todo el mundo es tan predecible… ¿Qué podía yo decir? No, gracias

…etc

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…en francés y en español

EL PLACER DOLOROSO DE LLORAR

Fernando Arrabal

 

Picasso y Aragon ¡qué lejos vagan ya por el reino de los muertos! Deambulan por la zona de Alberti y Fernand Léger. Cuán prontamente se fueron distanciando de mí. Warhol, Dalí, lonesco y Beckett, desplazándose lentísimamente, se deslizan hacia los confines de la memoria formando otro grupo. Mi mejor amigo durante cuarenta años, Roland Topor, traspasó el 16 de abril de 1997 el rastrillo del más allá. ¡Con qué cortesía mis amigos muertos se dejan adelantar unos por otros!

Creí que no podría vivir sin ellos cuando se fueron definitivamente… ¿hacia el inmenso sol? ¿Quién se deleita ahora con tanto genio, tanta generosidad y tanto humor allá donde ronca el infinito?

[Aparece también, pero en tierra de nadie, la figura de mi padre, tan cercana y radiante, como mi modelo insuperable. Sobrevivió tras escapar a la condena a muerte y a la muerte. Cuando hace 76 años se fugó de su cautiverio desapareció, pero… para nunca más morir].

Con qué ilusión quise esconder a Topor debajo de la inmortalidad y sus venturas. Tratar de vencer a la muerte parece tan insensato. Pero en Egipto el «faraón» no moría, se reencarnaba en un dios después de su muerte. Como tampoco perecían sus cortesanos enterrados junto a él. ¿Por qué tuvo que abandonarme para siempre Topor (o Simon Leys, o Dario Fo) dejándome temblando en la soledad?

He soñado tanto con Topor desde su ocultación. Aquiles en sus sueños, trastornado por la muerte de su amigo, también veía a su querido Patroclo.

El día del entierro de Topor el llanto me impidió concluir el discurso que pronunciaba en el cementerio Montparnasse. Quizás tampoco Gilgamés pudo acabar el suyo a la muerte de su amigo. La leyenda cuenta que a fuerza de llorar consiguió hablar con su idolatrado Eabani.

El río de los llantos se llama Cocito y serpentea en la frontera del reino de los muertos. El cancerbero custodia la puerta: un perro con tres cabezas y cola de serpiente… es decir con rabo de eternidad.

La diosa de la Justicia, según Ovidio, administró un bárbaro consejo a los supervivientes del diluvio angustiados por la muerte de sus familiares: «No sollocéis. Tirad los huesos de vuestros mayores a vuestras espaldas». Pero a mí solo me consuela repetir los gestos y palabras de mi amigo y conservar la gracia muda de su último soplo.

Me siento tan próximo a Yamí: cuentan los brahmanes que, incapaz de olvidar la muerte de su amigo y hermano Yama, detuvo el tiempo. reiterando su convencimiento sin parar: «Solamente hoy ha muerto». Por ello los dioses crearon la noche para que al despertar se olvidara de la muerte de su amigo. En las tinieblas de mis noches boga a la deriva el recuerdo roto.

Los bienintencionados trataron de aliviarme entapujando incluso el instante de la muerte: «Topor murió sin darse cuenta», «sin sentirse morir», «ni siquiera dijo adiós». Prefiero a aquel personaje de Tolstoi que dijo: «En nombre de Dios dejadme morir como es debido».

Ya no se encubren las partes pudendas, pero se escamotea el fatal naufragio de la muerte. Violando reglamentos y puertas pude llegar al cuarto del hospital donde le habían enceldado tras la muerte. Pude besar aún caliente su rostro que ya nadie iba a lavar.

En Egipto a los muertos lavados, llorados, purificados, momificados, se les alimentaba simbólicamente durante años. Mi amigo Nakako y su mujer granadina Beatriz me invitaron a comer en su casa de Kyoto… con los muertos del marido. A cada uno el anfitrión le sirvió un cachito de su manjar preferido y llenó un dedal de vodka para su tío de Yamanasi aficionado a esta bebida.

Gilgamés, hace 4.000 años, combatió monstruos y toros alados, pero el huracán del dolor le bamboleó aturdido tras la muerte de su amigo. Tanto sufrió que no aceptó a la Muerte. Incluso quiso vengarse de ella. Cómo le comprendo.

Salió en busca de la yerba de la inmortalidad para resucitar a su inolvidable amigo. Se fue más allá del Lago de los Infiernos sin escuchar la voz de la razón.

Y dio con la yerba milagrosa, porque Gilgamés sabía que los dioses crearon a los hombres inmortales. Así lo cuentan todas las mitologías. Cómo me cuesta tener que aceptar que se ha ocultado ¡para siempre! Topor (o Louise Bourgeois, o Umberto Eco).

¿Por qué los dioses no le ofrecieron a Topor (o a André Breton o a Marcel Duchamp), como al panadero Adapa de Mesopotamia, la bebida de la vida eterna? La leyenda cuenta que, instigado por el dios de la ciencia Ea, el panadero rechazó el brebaje de la inmortalidad. Topor no se hubiera dejado embaucar por charlatanes.

Desgraciadamente cuando Gilgamés, de vuelta con la yerba de la inmortalidad, se arrodilló en una fuente para apagar su sed, la serpiente («el animal que muda eternamente») aprovechó un instante de descuido para robarle su precioso tesoro.

Homero también nos cuenta cómo Deméter asperjó al hijo de Metanira con una ducha de llamas purificadoras. Cuando la madre gritó asustada,  Deméter, sorprendida, dejó caer al niño en las ascuas. «Por tu locura, Metanira, tu hijo murió abrasado y no será inmortal».

La pérdida de la inmortalidad fue siempre debida a un detalle absurdo o un error ridículo (¿cuál he cometido yo para que se oculte Topor?), como la manzana de Eva. La luna diosa de la inmortalidad fue pisada por el hombre una sola vez (en 1969); sin lendemains qui chantent. Quizás el cosmonauta Armstrong (frente a la luna) hubiera querido gritar como Aquiles (frente a Ulises): «Prefiero ser esclavo a reinar en el imperio de los muertos».

La mitología nórdica construyó el artilugio que requiere mi dolor para volver a ver a Topor: «Entre la vida y la muerte, entre el cielo y la tierra… hay un puente, ¿no lo has visto? Tiene tres colores. Tú lo llamas arco iris».

Los «inmortales» se alejan de mí para subir al Cielo, al Paraíso, o al inmenso sol. Los egipcios imaginaban que los elegidos retozaban en prados de estrellas mamando eternamente el seno de la diosa Nut. Homero suponía que «la más dulce

vida» se daba en los confines de la tierra, en los Campos Elíseos. Platón creía en una Isla de Bienaventurados y Píndaro en un segundo Olimpo reservado para los mejores. Mientras que, para los más humoristas, Proteo concibió un paraíso con rebaños de focas.

Yo también oigo, como las criaturas de la Odisea, los mugidos del toro, pero también los silbidos de la serpiente. ¿Por qué tuvieron que ocultarse Topor y mis amigos? ¿Es hoy el hombre menos inmortal que nunca?

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…en français:

LE PLASIR DOULOUREUX DE PLEUREUR

Fernando Arrabal

Picasso et Aragon, comme ils errent déjà loin dans le royaume des morts ! Ils déambulent dans la région d’Alberti et de Fernand Léger. Comme ils se sont vite éloignés de moi ! Warhol, Dali, Ionesco, Beckett, en se déplaçant tout doucement, glissent vers les confins de la mémoire en formant un autre groupe. Mon meilleur ami pendant quarante ans, Roland Topor, le 16 avril 1997 a traversé la herse de l’au-delà. Avec quelle courtoisie mes amis morts se laissent-ils dépasser les uns par les autres.

J’ai cru ne pas pouvoir vivre sans eux quand ils s’en sont allés pour toujours… vers l’immense soleil? Qui se délecte maintenant de tant de génie, de tant de générosité, de tant d’humour là où ronfle l’infini?

[Bien qu’en un no man’s land la figure de mon père apparaît si proche, si radieuse, comme mon modèle inégalé. Il a survécu après avoir échappé à la peine de mort et à la mort… Quand, il y a 76 ans, il a fui sa captivité il a disparu, mais… pour ne plus jamais mourir].

Avec quel enthousiasme j’ai voulu cacher Topor sous l’immortalité et ses félicités. Tenter de vaincre la mort semble si insensé. Mais en Egypte le « pharaon » ne mourait pas. Il se réincarnait en un dieu après sa mort. Ses courtisans enterrés près de lui ne disparaissaient pas non plus. Pourquoi Topor (ou Simon Leys ou Dario Fo) a-t-il dû me quitter pour toujours, me laissant tremblant dans ma solitude?

J’ai si souvent rêvé de Topor depuis son occultation. Achille, dans ses rêves, bouleversé par la mort de son ami, voyait aussi son bien-aimé Patrocle. Le jour des funérailles de Topor mes pleurs m’ont empêché de finir le discours que j’étais en train de prononcer au cimetière Montparnasse. Gilgamesh n’a peut-être pas non plus terminé le sien à la mort de son ami. D’après la légende, à force de pleurer, il réussit à parler à son Eabani adoré.

Le fleuve des larmes est appelé Cocyte et il serpente à la frontière du royaume des morts. Le chien Cerbère en garde l’entrée : un chien à trois têtes et queue de serpent… c’est-à-dire, une queue d’éternité.

La déesse de la Justice, selon Ovide, donna un conseil barbare aux survivants du déluge, angoissés par la mort de leurs proches: « Ne sanglotez pas. Jetez les os de vos aînés derrière vous ». Mais moi, je ne me console qu’en répétant les gestes et les mots de mon ami et en conservant la grâce muette de son dernier souffle.

Je me sens si proche de Yami : les brahmanes disent que, ne pouvant oublier la mort de son ami et frère Yama, le dieu arrêta le temps en répétant sans cesse avec conviction: « C’est seulement aujourd’hui qu’il est mort ». C’est pourquoi les dieux ont créé la nuit, afin qu’à son réveil il puisse oublier la mort de son ami. Dans les ténèbres de mes nuits le souvenir brisé vogue à la dérive.

Les gens bien intentionnés ont tenté de me soulager en me cachant même l’instant de sa mort : « Topor est mort sans s’en apercevoir », « sans se sentir partir », « il n’a même pas dit adieu ». Je préfère ce personnage de Tolstoï qui a dit : « De par Dieu laissez-moi mourir comme il se doit ».

On ne cache plus les parties intimes mais on escamote le fatal naufrage de la mort. En violant règlements et portes j’ai pu accéder à la chambre de l’hôpital où, une fois occulté, on l’avait mis tel en cellule. J’ai pu embrasser son visage encore chaud que personne ne laverait plus.

En Égypte pendant des années on nourrissait symboliquement les morts lavés, purifiés, pleurés, momifiés. Mon ami Nakako et sa femme Beatriz, de Grenade, m’ont invité à manger chez eux à Kyoto… en compagnie de ses ancêtres à lui. Notre hôte a servi à chacun d’eux une petite portion de son mets préféré et a versé un doigt de vodka pour son oncle de Yamanasi, qui aimait cette boisson.

Gilgamesh, il y a 4000 ans, a combattu des monstres et des taureaux ailés, mais l’ouragan de la douleur l’a fait chanceler, hébété, à la mort de son ami. A tel point qu’il n’a pas accepté la Mort. Il a même voulu se venger d’elle. Comme je le comprends…

Il est parti à la recherche de l’immortalité pour ressusciter son inoubliable ami. Il est allé au-delà du Lac des Enfers sans écouter la voix de la raison.

Et il a trouvé l’herbe miraculeuse, car Gilgamesh savait que les dieux ont créé les hommes immortels. C’est ce que disent toutes les mythologies. Comme il m’en coûte d’accepter que Topor (ou Louise Bourgeois, ou Umberto Eco) soit occulté pour toujours !

Pourquoi les dieux n’ont-ils pas proposé à Topor (ou à André Breton, ou à Marcel Duchamp), comme ils l’ont fait au boulanger Adapa de Mésopotamie, la boisson de la vie éternelle? D’après la légende, le boulanger, poussé par le dieu de la connaissance Ea, a refusé le breuvage d’immortalité. Topor ne se serait pas laissé berner par des charlatans.

Malheureusement lorsque Gilgamesh, de retour avec l’herbe de l’immortalité, s’est agenouillé près d’une source pour étancher sa soif, le serpent, « l’animal qui mue éternellement », a profité de cet instant d’inattention pour lui dérober son précieux trésor.

Homère nous raconte aussi que Déméter aspergea le fils de Métanire d’une pluie de flammes purificatrices. Lorsque la mère poussa un cri de frayeur Déméter, de surprise, laissa l’enfant tomber dans les braises. « Àcause de ta folie, Métanire, ton fils est mort brûlé et il ne sera pas immortel ».

La perte de l’immortalité a toujours été due à un détail absurde ou à une erreur ridicule (laquelle ai-je commise pour que meure Topor ?), telle la pomme d’Ève. L’homme n’a marché qu’une seule fois sur la lune, déesse de l’immortalité (en 1969), sans lendemains qui chantent. Le cosmonaute Armstrong aurait-il voulu crier (face à la lune) comme Achille (face à Ulysse) : « Je préfère être esclave plutôt que régner sur l’empire des morts ».

La mythologie nordique a conçu le moyen que ma douleur exige pour revoir Topor : « Entre la vie et la mort, entre le ciel et la terre… il y a un pont, tu ne l’as pas vu ? Il a trois couleurs. Tu l’appelles l’arc-en-ciel ».

Les « immortels » s’éloignent de moi pour monter au Ciel, ou Paradis, ou vers l’immense soleil. Les Égyptiens imaginaient que les élus batifolaientt dans des prairies d’étoiles en tétant éternellement le sein de la déesse Nout. Homère supposait que « la plus douce vie » se trouvait au bout du monde, aux Champs Élysées. Platon croyait en une île des Bienheureux et Pindare en une deuxième Olympe réservée aux plus méritants. Tandis que, pour les plus humoristes, Protée concevait un paradis avec des troupeaux de phoques.

Moi aussi j’entends, comme les créatures de l’Odyssée, les mugissements du taureau, mais aussi les sifflements du serpent. Pourquoi Topor et mes amis ont-ils dû s’occulter ? L’homme est-il aujourd’hui moins immortel que jamais ?[Fernando Arrabal

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