« Carta de amor »
« Carta de amor » (Como un suplicio chino)
de Fernando Arrabal
Teatro Dielefsis de Atenas
del 1-X-2019 al 28-2-2020,
traducción de Nektarios KOSTANDINIDIS
dirección de Sotiris ECONOMOU
« …con mi carta reviví de nuevo
el tiempo de la primera vez
… un desvarío lúcido »
Fernando Arrabal
15 août 2019


“El cementerio de automóviles” de Fernando Arrabal
“El cementerio de automóviles” de Fernando Arrabal
Dirección: MªJosé Gálvez (Murcia)
Representaciones en un desguace…
Foto del film con el cantante Alain Bashung (Jesucristo)
y el fundador del ‘felipe’ Frente de Liberación Popular, Dr. Antonio López Campillo (Karl Marx)
Fernando Arrabal
16 août 2019


Turquie: « Pique-nique en campagne » d’Arrabal.
- Zapo: Soldado, Hijo del matrimonio Tepán.
- Zepo: Soldado enemigo.
- Señor Tepán: Padre de Zapo.
- Señora Tepán: Madre de Zapo.
« Zapo est un soldat quelque part au front. Il s’ennuie… Son père et sa mère viennent en moto pique-niquer avec lui sur le champ de bataille… Arrive Zépo un soldat ennemi. Le spectateur est invité à assister à une rencontre hors du commun. La violence de la guerre est ainsi tournée en dérision au cours de ce pique-nique bien particulier.
***
‘Picnic’, ‘Pic-Nic ‘, ‘Picnic en el campo de batalla’ o ‘Pique-nique en campagne’ es una obra escrita por Arrabal en 1946 . La obra, tal y como lo trata de representar Arrabal, es un claro alegato contra la guerra. En la actualidad se s representa continuamente en todo el mundo « para evidenciar lo absurdo de la guerra sorda ».
La obra cuenta como un matrimonio decide ir a la guerra a visitar a su hijo , un soldado y proponerle un día de campo en el frente de batalla. Luego aparecerá un soldado enemigo, el cual se unirá a éste picnic de manera amistosa y empezarán a comentar lo que pasa en la guerra, llegando a la conclusión que ninguno de ellos quiere estar ahí, buscan soluciones para acabar con ese absurdo conflicto; felices con sus ideas y con la intención de regresar a casa, son asesinados por culpa de la batalla que empieza a hacer furor en donde ellos se encontraban.
***
Nous sommes en 1946 et l’auteur s’adresse à “cette frange rieuse et néanmoins atterrée par l’absurdité des conflits armés qui dévastent le monde”. “En cette période où l’on «célèbre» la Première Guerre mondiale, rien de tel qu’une bonne pièce pour nous rappeler combien Prévert avait raison : «Oh! Barbara, quelle connerie, la guerre!». Nous sommes quelque part à la campagne . Dans ce «trou de verdure où chante une rivière…», un soldat monte la garde. Surgissent alors deux personnes. Pas d’inquiétude, ce ne sont que papa et maman. Ils rejoignent Zapo, leur fiston, pour un pique-nique bucolique en ce beau dimanche de printemps. Le soleil brille , les oiseaux chantent, et les obus pleuvent un peu plus loin. Zépo, un autre convive, se joint à eux , invité par le hasard de la prise de guerre. Quelle est la différence entre ces deux soldats? Même jeunesse, même uniforme, même insouciance, même peur au fond des yeux. La situation incongrue de ce casse-croûte familial en plein conflit produit un effet comique redoutable.
Un très fort mélange de théâtre et de happening dénonçant les absurdités de la guerre. L’auteur faisait parti des 5 hommes les plus dangereux de l’Espagne franquiste, puis à co-fondé le mouvement Panique avec Topor . Les fans de ces deux devraient spécialement apprécier la pièce. La guerre est absurbe, autant que ce pique nique sur le front, un spectacle fou décalé et bien interpreté. Un pique-nique en campagne souligne avec efficacité le caractère absurde de la guerre. Dans cette pièce, Arrabal désamorce une grenade symbolique en montrant comment l’ignorance, la diabolisation de l’ennemi, le climat de terreur et l’économie de la guerre menacent sans cesse la paix. D’ailleurs, si les hommes se battent, c’est pour la paix dans le monde, et ils feront la guerre jusqu’à ce qu’ils l’obtiennent. Un soldat en campagne, est-ce une mise au vert? Pourquoi sur un champ dit ” de bataille ” on ne pourrait pas organiser un vrai pique-nique avec parents , ennemi et brancandières. D’ailleurs qui est l’ennemi de qui et quelles sont ces salades qu’on nous raconte pour nous faire partir à la guerre et finir sous la java des bombes. On en ressort….désarmé, admiratif de ce texte dénonçant la bêtise de la guerre ,mais en sachant notre impuissance pour arrêter l’hémorragie de tous ces conflits.
Shanghai, Tokyo, Paris, Madrid, New York, Cuenca, São Paulo
« Pan nous protège » huile sur toile (195 x 130 cm) de Fernando Arrabal;
Book Fair, Feira do libro, la E.G.B.P.B.L.B.M., Festival italissimo, Buchmesse, Feria del Libro, marché de la poésie, Salon du livre, etc;
Shanghai, Tokyo, Paris, Madrid, New York, Cuenca, São Paulo, etc;
Les éditions Moires, Reino de Cordelia, Fando og Lis, Leñalmono, Apuleus Aesee, ‘le cheche midi’, International Mail Art etc…
Paris, Madrid New York, São Paulo, Shanghai, Tokyo etc.
« Pan nous protège » huile sur toile (195 x 130 cm) de Fernando Arrabal;
Feria del Libro, marche de la poésie, Salon du livre, Book Fair, Feira do libro, Festival italissimo, Buchmesse etc;
Paris, Madrid New York, São Paulo, Shanghai, Tokyo etc;
Reino de Cordelia, Fando og Lis, Leñalmono, Apuleus Aesee, ‘le cheche midi’, International Mail Art etc…
37e marché de la poésie: BAISEMAIN de Fernando Arrabal/Jean-Marc Brunet (Transignum éditions de Wanda Mihuleac)
BAISEMAIN
de
Fernando Arrabal/Jean-Marc Brunet
de 16h59′ à 18h 02′
le jeudi 6 juin (apparent)
[20 merdre de l’an 146 de l’ère ‘pataphysique, Ste Colombine, expurgée]
37e marché de la poésie
place saint-sulpice, paris 6
***
avec Transignum éditions de Wanda Mihuleac
poèmes inédits de Fernando Arrabal
accompagnés de cinq gravures originales
réalisées dans l’atelier de Jean-Marc Brunet
sur presse taille douce;
les poèmes sont composés en Garamond
corps 14 sur papier Fabriano 220 g, sous étuis 24 x 18 cm;
traduction en espagnol de Fernando Arrabal
et en roumain de Carmen Vlad
15 exemplaires, 4 EA numérotés,
numérotés et signés par les auteurs.
***
…par ovion;
F.Arrabal (par ovion):
si Pan lui prête vie
il sera au Marché de la poésie
114 de la place Saint Sulpice de Paris
le 20 merdre de l’an 146 de l’ère ‘pataphysique
(6-VI-19 apparent)
de 16h 59’ à 18h 03′
pour honorer
Sainte Colombine (expurgée)
Transigium (tautologue)
et Mihuleac (odalisque);
et signer les livres de bibliophilie
en espagnol, roumain et français
avec Jean Marc Brunet
***

BESAMANO
[inspirado por Léonore Chastagner]
De niño, besar las manos
de las amigas de mi madre
era un suplicio…
…no podía imaginar
que besar la mano
de la hija de Madame Angot
iba a ser un placer
tan tchoutchourri.
De niño, debía
besar la mano
de una cantidad increíble
de amigas de mi madre…
mientras que
no he besado la mano
de la hija de Madame Angot
sino siete veces.
De niño, debía sentir
sin tocarlas nunca
con mis labios
las manos
de las amigas de mi madre…
cuando me encanta
rozar con mi labios
la mano
de la hija de Madame Angot.
De niño, las manos
de las amigas de mi madre
apestaban
a agua de Colonia por litros…
mientras que la mano
de la hija de Madame Angot
huele a la esencia del amor.
De niño, debía tener
la boca limpia
y la nariz sin secuelas de mocos
para no disponer mis miasmas
sobre las manos
de las amigas de mi madre…
mientras que me gustaría
cubrir de saliva
por lo menos
la mano
de la hija de Madame Angot.
De niño, las manos
de las amigas de mi madre
que debía besar
eran animalejos de cinco dedos
blandos y peludos,
esqueléticos o mofletudos…
mientras que la mano
y el brazo
de la hija de Madame Angot
están hechos de gracia
y me miran
con su cuello de cisne.
De niño, antes de besar
debía
esperar
a que la amiga de mi madre
me tendiera la mano,
no podía
para acabar mi suplicio
garfillar su mano
en los pliegues de su falda…
mientras que yo querría
guardar en mi bolsillo
la mano
de la hija de Madame Angot
…por los siglos de los siglos…
Fernando Arrabal,
1° de Falo de 141 de la E. ‘P. (San Priapo , urbano)
***
BAISEMAIN
Enfant, baiser les mains
des amies de ma mère
était un supplice…
…je ne pouvais pas imaginer
que baiser la main
de la fille de Madame Angot
pouvait être un plaisir
si tchoutchourri.
Enfant, je devais
baiser la main
d’une quantité incroyable
d’amies de ma mère…
…alors que
je n’ai baisé la main
de la fille de Madame Angot
que sept fois.
Enfant, je devais effleurer,
jamais toucher de mes lèvres,
les mains
des amies de ma mère …
… alors que j’aime
poser toutes mes lèvres
sur la main
de la fille de Madame Angot.
Enfant, les mains
des amies de ma mère
puaient
l’eau de Cologne au litre…
… alors que la main
de la fille de Madame Angot
sent l’essence de l’amour.
Enfant, je devais avoir
la bouche propre
sans séquelles de morve
pour ne pas déposer mes miasmes
sur les mains
des amies de ma mère…
… alors que j’aimerais
couvrir de salive,
au moins,
la main
de la fille de Madame Angot.
Enfant, les mains
des amies de ma mère
que je devais baiser
étaient des bêtes à cinq doigts
molles ou poilues,
squelettiques ou grassouillettes…
… alors que la main et le bras
de la fille de Madame Angot
sont faits de grâce
et me regardent
de leur cou de cygne.
Enfant, avant le baiser
je devais
attendre
que l’amie de ma mère
me tende sa main:
je ne pouvais pas,
pour mettre un terme à mon supplice,
happer la main
dans les plis de la jupe…
…alors que je voudrais
garder dans ma poche
la main
de la fille de Madame Angot
…dans tous les siècles des siècles…
Fernando Arrabal,
1er Phalle de 141 de l’E. ‘P. (11-VIII-14, v)
Mineral del Monte Estado de Hidalgo (México): « Pic-Nic » de Fernando Arrabal.
Pic-Nic de Fernando Arrabal
Teatro de Artes de La Universidad Autónoma del Estado de Hidalgo.
Mineral del Monte Estado de Hidalgo (México)
y Festivales de Teatro.
Director: Cristian Alejandro Sanchez Martinez,
del 17 de mayo al 29 de junio de 2019
Picnic o Pic-Nic o Picnic en el campo de batalla o Pique-Nique en Campagne es una obra escrita por Fernando Arrabal en 1948. La obra es un claro alegato contra la guerra . Se suele representar triunfalmente en todo el mundo « para evidenciar lo absurdo de la guerra sorda ». La obra cuenta, de manera precisa y humorista , como un . matrimonio decide ir a la guerra a visitar a su hijo, un soldado, y proponerle un día de campo en el frente de batalla. Luego aparecerá un soldado enemigo, el cual se unirá a éste picnic de manera amistosa y empezarán a comentar lo que pasa en la guerra, llegando a la conclusión que ninguno de ellos quiere estar ahí, buscan soluciones para acabar con ese conflicto; felices con sus ideas y con la intención de regresar a casa, son asesinados por culpa de la batalla que empieza a hacer furor en donde ellos se encontraban.
- Zapo: Soldado, Hijo del matrimonio Tepán.
- Zepo: Soldado enemigo.
- Señor Tepán: Padre de Zapo.
- Señora Tepán: Madre de Zapo.
- Dos Camilleros.
- ***
Pique-Nique en Campagne de Fernando Arrabal
Un champ de bataille. Fil de fer barbelé d’un bout à l’autre de la scène. La bataille fait rage. On entend des coups de fusil, des bombes éclatent, des mitrailleuses. Zapo est seul en scène, à plat ventre, caché entre les sacs. Il a très peur. Le combat cesse. Silence. Zapo sort d’un sac à ouvrage en toile des petites voitures et il se met à jouer avec les autos. Le téléphone de campagne, qui se trouve à côté de lui, sonne tout à coup….
LA BICICLETA PATAFÍSICA exposition Cuenca.
Le jeudi 20 juin 2019 (apparent) 6 gidouille de l’an 134 de l’ère ‘pataphysique
[sans aucun rapport avec l’exposition à la Bibliothèque Nationale de Madrid]
Juan Carlos Valera exquis commandeur de l’ordre de la grande gidouille
avec Menú
va exposer les livres de bibliophile de Fernando Arrabal ;
dont l’oeuvre étoile la plus impressionnante: LA BICICLETA PATAFÍSICA
[Si les avions le lui permettent Arrabal aimerait amener son huile sur toile de 195 cm x 130 cm La araña blanca de Louise pour rendre hommage à Menú … Cuenca -et surtout sa ville enchantée, vraiment préhistorique, qui ne figure pas dans les circuits touristiques habituels- est digne du Dr. Faustrol]
Cité internationale de Paris: lancement du réseau alumni.
24/05/2019: Lancement du réseau alumni de la Cité internationale de Paris.
Avec 450 000 étudiants et chercheurs internationaux accueillis depuis sa création en 1925, la Cité internationale dispose d’une vaste communauté d’alumni à travers le monde. Le réseau alumni de la Cité internationale c’est : une plateforme et une application numériques (www.cite-alumni.fr), un annuaire et une cartographie en ligne…
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Jean-Paul Charles Aymard Sartre était né le 21 juin 1905 dans le 16e arrondissement de Paris et il est mort dans le 14e arrondissement le 15 avril 1980; il est inhumé au Cimetière de Montparnasse: ce fut un écrivain et philosophe français; peu avant son occultation, il envoie le message ci-joint au Directeur de « Les cahiers du silence ». En 1958, Jean-Paul Sartre (voyant) écrit un texte de 68 pages sur le théâtre d’Arrabal. Texte auquel se réfère Juan Goytisolo, avec courage, dans son excellent « Reinos de taifas » [Les royaumes déchirés].
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Julio Florencio Cortázar Descotte, était né le 26 août 1914 à Ixelles , Belgique, et il s’est occulté à Paris, le 18 gueules de l’an 111 de l’ère ‘pataphysique (12 février 1984 apparent); il est inhumé au Cimetière de Montparnasse: ce fut un écrivain argentin de Buenos Aires naturalisé français …. On me demande, de fois, de parler de Cortázar, malheureusement je ne connais pas suffisamment son oeuvre et encore moins sa vie; pour moi Julio Cortázaren tenant compte du peu de choses que je sais de lui a une oeuvre admirable aux références fécondes et aux ‘militancias’ bizarres?… parle-t-il de ‘nous’ dans son « Marelle »? comme certains qui l’ont étudié l’ont prétendu bien que d’autres le nient; sommes-nous (avec Topor et Jodo) trois de ses références de cette époque? il me reste à lire ce roman et peut- être à voir s’évanouir mes doutes ou le contraire; avec Breton j’ai éprouvé aussi des difficultés pour franchir les premiers chapitres de Nadja et le livre a fini par être l’un de mes favoris… la poésie est-elle d’une insolite actualité? à dire vrai Cortázar et moi nous ne nous sommes pas connus officiellement et personne ne nous a présentés je l’ai croisé – sans un mot – un soir dans la rue de l’ Echaudée en plein Quartier Latin; avait-il l’air d’avoir plus de soixante dix ans ? sa chevelure étonnamment sans cheveux blancs m’ a ébloui comme s’il avait voulu courir plus vite comme si l’existence allait commencer plus tard… mais j’ai été encore plus surpris que quelques mois après soudain il m’écrive de l’Hôpital Saint-Lazare pour disputer une partie d’échecs! lettre que j’ai perdue dans mon capharnaüm et qui peut apparaître tout à coup sans que j’aie à recourir à Sainte Rita; pendant des années en règle générale -je ne m’en tiens jamais à la règle générale-j’ai rédigé toutes les semaines la chronique d’échecs dans le ‘franc’ Express je n’en avais jamais parlé avec lui et nous ne nous étions pas écrit; l’Hôpital Saint-Lazare est situé à quelque mètres de l’endroit où j’habitais à Paris à cette époque; un jeune docteur qui ‘faisait son internat’ à l’hôpital Saint-Lazare m’a parlé d’un service de gastroentérologie? le seul?déjà disparu comme tout l’hôpital ? je n’ai pas été du tout enthousiasmé à l’idée d’aller …; …bizarrement soudain des années après sa mort une femme accusée par ses ennemis acharnés d’être un agent politique Ugné Karvelis aux yeux de paradigme? de couleur Parabellum? est venue me voir [à l’époque d’Elsa Triolet le printemps tombait en automne] pourquoi? je ne la connaissais pas non plus; sans que malheureusement j’attende grand chose de sa visite elle m’a appris spectaculairement que contrairement à sa très mauvaise réputation (interdite aux albinos!?) c’était une Lituanienne qui avait ‘horriblement’ souffert de ‘l’invasion soviétique’ qu’elle était une fervente catholique et qu’elle représentait la Lituanie à l’UNESCO; … comme si cela ne suffisait pas des années plus tard un excellent éditeur cordouan m’a dit qu’il avait vécu avec Ugné comme si dans toutes les vies il y avait des rebondissements comme si on ne pouvait écrire des sms qu’en bégayant et comme si toutes les existences communiquaient entre elles en un superbe tohu-bohu;
C’est chose presque incroyable : «Mai 68» a commencé le 22 mars. Voilà pourquoi leurs leaders se sont soulevés en tant que «Mouvement du 22 mars». C’était une époque, au temps d’Edith Piaf, où l’automne tombait au printemps. N’importe qui pouvait dire qu’il était majoritaire avec les abstentionnistes. Entre autres crânes prouesses, avec un ou deux amis (nous n’avons jamais été plus de trois), nous conduisant à la perfection puisqu’en toute liberté, nous avons occupé, par exemple, allègrement, le Collège d’Espagne de la Cité Universitaire de Paris. Qui est resté occupé sans que nous, les occupants, ne nous rendions compte de rien, pendant un quart de siècle. Mais qui, parallèlement, est demeuré aussi tristement inoccupé à la grande fureur des universitaires qui déambulaient dans la Cité sans chambre où dormir («devant un collège plein mais vide»).
Avec l’aide du dessinateur et dramaturge Copi (exsangue comme presque toujours, mais exact) nous avons aussi occupé, par exemple, le Théâtre de la Cité Universitaire. Témérairement, sans nous laisser impressionner par les pots de fleurs qui se dressaient, menaçants, à notre passage, qui aurait dû être martial.
Comme nous occupions le théâtre sans aucune opposition nous nous sommes regardés, Copi et moi, tout surpris. C’était si facile de jouer un rôle dans l’Histoire. Ce n’est pas pour rien que Copi était connu comme humoriste plus que comme dramaturge. Sans nous l’être proposé, par raccroc, par pure coïncidence, nous avons occupé le Collège d’Espagne ou celui d’Argentine ou l’Odéon ou la «Maison du Brésil» et tutti quanti. C’était facile : tout le monde était d’accord ou, plutôt, personne n’osait ne pas être d’accord.
Les plus conséquents furent les universitaires de la «Maison du Brésil». Ils nous ont accueillis révolutionnairement et merveilleusement, à la Lénine! Ils ont proclamé que «depuis toujours» ils avaient souhaité l’occupation de leur maison. Et l’un d’eux a ajouté «et que nos crocodiles soient rouges». Ils ont installé toutes sortes de placards, de faux, de drapeaux et de marteaux. Aussitôt après notre départ, ils les ont décrochés et ont continué à vaquer à leurs occupations universitaires, ravis et débarrassés.
Au Collège d’Espagne, après de fort généreuses et altruistes promesses, les collégiens, changeant d’avis, voulaient, rien de moins, voter sur-le-champ en assemblée générale. Dans la Salle des Cérémonies Officielles elle-même. Le «Mouvement» (les «enragés») nous ont exigé par téléphone, sans délai, de remettre à plus tard ce microscopique préambule et plébiscite jusqu’à l’arrivée des masses laborieuses hispaniques.
En effet, le lendemain matin, une foule d’ouvriers des usines d’automobiles est arrivée avec famille et enfants. Les plus résolus sont venus avec une cuvette pleine d’acide sulfurique qu’ils ont installée dans une mansarde pour accueillir «l’ennemi».
– Qui, évidemment, allait nous attaquer. Mais de là-haut, bien armés, nous les tiendrions à distance.
Le lendemain matin j’étais invité par l’Université de Vienne. A mon arrivée j’ai eu la surprise d’être accueilli (moi qui, comme Topor, n’ai même pas fait le service militaire), comme «un grand révolutionnaire panique». Et précisément, lorsque je suis entré dans l’un des plus beaux amphithéâtres de l’université, a retenti un hymne pour moi inconnu mais très vibrant. On m’a expliqué que c’était l’hymne national autrichien. Aussitôt l’un de mes amphitryons s’est installé au pupitre. Il a baissé son pantalon, et avec une stupéfiante précision, s’est mis à déféquer comme en accord avec l’hymne. Une fois la musique et l’action achevées, le public a applaudi à tout rompre.
Quand tout le monde est sorti mon amphitryon et moi sommes restés seuls dans l’amphithéâtre. Avec une admirable dextérité (et un sac en plastique) il a retiré le produit de son acte et enfin, à quatre pattes, il a frotté le sol jusqu’à faire disparaître la tache.
Après une courte semaine à Vienne je suis revenu à Paris. Et à ma grande surprise au Collège il il n’y avait nulle trace de cuvette, d’acide sulfurique, de masse laborieuse, ou d’occupant. Le Collège était fermé et entouré d’une palissade.
À ma plus grande surprise encore, un quart de siècle plus tard après cette infortunée occupation manquée, j’ai reçu un appel de l’Ambassade d’Espagne à Paris. Une employée m’a demandé, au nom de Monsieur l’Ambassadeur, si j’allais de nouveau occuper le Collège d’Espagne.
– Mais comment, il n’est pas ouvert?
A l’aube du XXIème siècle grâce à mon autorisation (aussi peu nécessaire qu’acadabrabrantesque) il a pu être réouvert avec tous les honneurs et tout l’Etat Major.
Quel dommage que Copi (Raùl Damonte Taborda) se soit occulté à la fin de 1987! Je le regrette toujours. Qu’aurait-il pensé ce dramaturge si discret (surtout lors de ses dernières hospitalisations) de la toute nouvelle question posée sur les “réseaux sociaux” : «Copi: quand mourir du sida peut-elle être ta grande oeuvre d’art»?
Copi ne figure dans aucune des dithyrambiques apologies des anciens combattants de Mai 68. Il ne l’aurait pas mérité.
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Légende de la photo : Voici une photo de Mai 68 – rien de moins – avec nous tous. Topor derrière Antonio Saura; ce dernier, sans cheveux, près de Lis; Jérôme Savary couché à gauche, avec Hilcia d’Aubeterre penchée et accoudée sur lui devant l’actrice Maude Valdène; derrière moi Lise Granvel avec deux acteurs fumant (Renaud Gouyon et Jacques Coutureau); et finalement Copi allongé… sous le Radeau de la Méduse», huile d’Olivier O. Olivier.



















