«Poèmes plastiques» de Fernando Arrabal.

 kama-sutra

Kàma-Sùtra

poème plastique 27 x 18 x 12 cm

«Poèmes plastiques» de Fernando Arrabal

 

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Le caractère hors-norme de l’art de Fernando Arrabal.

Léonore Chastagner (commissaire de l’exposition « Fernando Arrabal au Musée Montparnasse »)

 

Chaque texto que vous recevez de Fernando Arrabal est un poème. La scansion des espaces, la multiplication des «iiii», des «???», le rendez-vous à «15h33» et pas une minute de plus, tout cela ravit, réjouit. Et si un jour vous tombez sur sa messagerie, c’est un régal : après un silence, sa voix résonne pour entamer une comptine. Tout ce qu’il touche, il lui donne de la grâce. Il répand sa poésie par bribes là où l’on n’est pas préparé à en trouver, et si dans votre courrier vous tombez sur une lettre de lui, ce sera la plus belle de toutes, des timbres chamarrés sur la moitié de l’enveloppe, des autocollants de dinosaures un peu partout, une écriture fine comme un dessin.

La journée commence bien.

C’est léger, joli, mais surtout c’est libre. La liberté c’est ce pour quoi Fernando Arrabal crée. En 1955, il quitte l’Espagne opprimée par le régime franquiste qui lui a enlevé son père et il arrive à Paris. Lettres (Lettre au général Franco, 1972 ; Lettre à Fidel Castro, 1983 ; Lettre à Staline, 2004), pièces de théâtre (L’Architecte et l’Empereur d’Assyrie, 1966), films (Viva la muerte, 1971) s’attaquent à l’oppression, au totalitarisme, à la toute puissance.

C’est un artiste absolu et il semble ne pas y avoir de frontière entre sa vie et sa création. Les deux sont indissociables, complémentaires, s’envahissent et s’absorbent, si bien que chaque interview ressemble à un poème, chaque intervention pourrait être une scène de théâtre. Cette confusion généralisée se joue des carcans et des définitions : il est écrivain mais il dessine, il est cinéaste mais réalise des sculptures, il est poète mais peut être la muse de ses amis artistes, tout est absurde mais tout fait sens.

Nous présentons une création nouvelle, parallèle à son travail d’auteur : un ensemble de tableaux et de sculptures qu’il appelle des poèmes plastiques.

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Avec lui, l’art ne se borne pas au cadre du tableau ou au socle de la statue, l’œuvre est totale, permanente, pas un interstice qui y  échappe. Même l’appartement est une œuvre, presque une «installation». Les poèmes plastiques y sont exposés au milieu d’une multitude d’objets en tous genres. A même le sol, ou superposés au-dessus d’une armoire, partout où il y a de la place, des tableaux s’empilent les uns au-dessus des autres. «Et là, qu’est-ce que c’est ?» «Ici ce sont des dessins que m’a faits Miró, là-haut il y a des Botero, vous voulez voir ?».  Mais je n’ai pas le temps de voir, car il faudrait prendre un escabeau et descendre un à un les dessins, encadrés et sous-verre, donc lourds et fragiles – ce serait toute une opération et vous n’osez pas perturber cette organisation, instinctive et intime, probablement établie de longue date.

Une chaise de torture en bois massif se trouve dans le salon, avec des menottes qui entravent les poignets d’un condamné imaginaire, un carcan qui bloque son crâne et une roue qui enfonce une pointe en métal dans sa nuque, jusqu’à la rompre.

Pourtant, l’appartement est rassurant, bienveillant, généreux. Fernando Arrabal le fait rayonner en racontant l’histoire de chaque objet – car chaque objet a son histoire, et la visite de l’appartement condense le récit de ses amitiés, des œuvres qu’il aime et des artistes qu’il admire.

Rauschenberg disait «Je veux  explorer le trou entre l’art et la vie». Et justement, tous les détails de sa vie s’entremêlent à l’art et semblent construire un personnage : le personnage Arrabal, avec son accent espagnol et ses lunettes empilées les unes sur les autres, avec l’appartement invraisemblable et le «vin d’Arrabal» qu’il vous sert en apéritif. Mais attention, ce n’est pas un acteur, il ne se donne pas en représentation, ne joue pas de rôle. Rien de tout cela n’est une mise en scène. C’est même l’inverse, Fernando Arrabal réussit à être lui-même malgré l’effarement général. Sans dominer, sans écraser, son ailleurs triomphe.

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Il vous montre une première peinture, mais tout de suite il précise «le sous-titre, c’est frustration». Le ton est donné : Arrabal est un peintre frustré, en tout cas, c’est le mythe élaboré par ses soins et que l’on retrouve au détour de toutes les biographies : chez les Arrabal, la peinture est une histoire de famille, le frère, Julio, peint à merveille, le père aussi, et le grand-père. Aussi était-il naturel que le jeune Fernando apprenne l’art de la peinture à quatre ans, au collège des sœurs Teresianas (Ciudad Rodrigo), et que sa famille fonde de grands espoirs sur sa future carrière. Mais il se trouve moins doué que les autres, et progressivement se détourne de la peinture − de toute façon il découvre le théâtre quand il a dix ans et y plonge, sans hésitation.

L’idée des poèmes plastiques lui vient il y a seulement deux ou trois ans, comme un moyen d’être enfin l’artiste qu’on attendait de lui. Il est poète et ces œuvres sont le prolongement de sa pensée poétique, muée sous une forme tangible. Pour ses sculptures, il choisit soigneusement les éléments qui lui seront nécessaires : quelques œufs en bois peint et la maquette du Titanic, voilà pour lui les ingrédients d’un hommage à Mandelbrot. Ses techniques d’assemblage rappellent celles des dadaïstes et le talent qu’ils avaient pour faire émerger d’objets disparates un sens sibyllin. Dans le regard du visiteur, il guette la réaction.

Pour les tableaux aussi, ce sont des rapprochements libres qui guident sa main. A partir de la copie d’une œuvre qu’il admire, il arrabalise : il bricole, colle des autocollants et des figurines, ponctue la toile de courtes phrases. Les chefs-d’œuvre qu’il reprend viennent d’époques et de lieux hétéroclites, presque dissonants, on y trouve des toiles flamandes du XVIème et du XVIIème, d’autres impressionnistes, cubistes, surréalistes. La calligraphie fine et penchée dont Arrabal les recouvre est comme un ruban qui les relie tous − au-delà de leurs différences, le regard qu’il porte sur eux les rassemble. Il n’aime pas parler de lui mais il aime parler des autres, et c’est en retraçant les histoires des autres, en dessinant sur les tableaux des autres que se détache sa parole.

Les poèmes plastiques sont autant d’hommages aux chefs d’œuvre de l’histoire de l’art (Brueghel, Hopper, Picasso), à ses amis (Dalì, Ionesco), à ses passions (les échecs, les mathématiques) et il aborde les thèmes qui l’obsèdent depuis toujours – la mort, la sexualité, la religion. Ces chefs-d’œuvre de toujours et ces thèmes universels, il les accueille dans son monde et les traduit dans le langage farfelu et poétique qui est le sien. En filigrane, il nous livre sa vision du travail d’artiste, ce travail qui se fait «dans les catacombes» et pour lequel son respect est absolu.

Donc, quand il vous montre une première peinture, ce n’est pas avec le sérieux d’un peintre, c’est avec le sourire du farceur. Arrabal est un «homme qui joue» dit Milan Kundera, avec l’art, la vie, lui-même, tout est un jeu. Il vous regarde dans les yeux avec un sourire en coin et vous dit : «Je suis très sérieux».

Une série d’oeuvres nommée «Poèmes plastiques» 

L’idée des poèmes plastiques lui vient il y a seulement deux ou trois ans mais est en fait la réalisation d’une envie ancienne. Fernando Arrabal est poète et ces oeuvres sont le prolongement de sa pensée poétique, muée sous une forme tangible.

Sculptures et tableaux inédits sont construits par assemblage : sur la copie d’une toile célèbre, Arrabal colle autocollants et figurines, ou bien, sur un même socle, il réunit des objets trouvés au hasard de ses pérégrinations – fer à repasser en métal rouillé, phallus en bois, ombrelle. Ses techniques d’assemblage rappellent celles des dadaïstes et le talent qu’ils avaient pour faire émerger d’objets disparates un sens sibyllin. Par des titres et des phrases arrabalesques, il transforme ces constructions précaires en véritables poèmes.

Des oeuvres nouvelles qui abordent ce qui l’obsède depuis toujours – la mort, la sexualité, la religion – en même temps qu’elles rendent hommage aux chefs-d’oeuvre de l’histoire de l’art (Brueghel, Hopper, Picasso), à ses amis (Dalì, Ionesco), à ses passions (les échecs, les mathématiques).

Léonore Chastagner (est la fille de la romancière Christine Angot)

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« Même s’il défie Franco et Castro, Arrabal n’est pas contestataire, un prêcheur militant ; c’est un homme qui joue ; l’art tel qu’il le conçoit est un jeu, et le monde devient un jeu dès qu’il le touche. » Milan Kundera.

« Les mots d’Arrabal nous donnent des images, ses images nous donnent des objets. Grâce à sa baguette magique, l’art nous sourit autrement.» Jean Digne, directeur du musée du Montparnasse.

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À l’inauguration ont assisté: Yann Moix, Christine Angot, Bernard Henri Lévy, Alejandro Jodorowsky, Thieri Foulc, Dominique Noguez, Jean Cortot,  l’ Ambassadeur d’Espagne, Carlos Bastarreche Sagües, le directeur de l’Instituto Cervantes de París, Juan Manuel Bonet, et plusieurs centaines du monde de la culture française avec la ministre de la Culture du moment: Aurélie Filippetti.

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« Poèmes plastiques » de Fernando Arrabal (Musée de Montparnasse) dans la presse internationale:

« Une réussite majeure ». The China Times

« Pour Arrabal il est essentiel de se souvenir pour aller au bout de ses rêves ».  Wall Street Journal

« Ces poèmes plastiques captivent et envoûtent ». La Repubblica (Italie)

« Avec son talent de poète qui sait jongler avec les images ». Le Figaroscope

« Une belle découverte ». Le Soir (Belgique)

« Attention, «les mains en l’air» cette exposition  fouette l’esprit ». Telegraaf

« Cinéaste, plasticien, pataphysicien, Arrabal est universel ». Politika (Belgrade)

« Les créations diverses et variées d’Arrabal m’accompagnent depuis «Viva la Muerte» ». La Presse (Québec)

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Une série d’oeuvres nommée «Poèmes plastiques» 

L’idée des poèmes plastiques lui vient il y a seulement deux ou trois ans mais est en fait la réalisation d’une envie ancienne. Fernando Arrabal est poète et ces oeuvres sont le prolongement de sa pensée poétique, muée sous une forme tangible.

Sculptures et tableaux inédits sont construits par assemblage : sur la copie d’une toile célèbre, Arrabal colle autocollants et figurines, ou bien, sur un même socle, il réunit des objets trouvés au hasard de ses pérégrinations – fer à repasser en métal rouillé, phallus en bois, ombrelle. Ses techniques d’assemblage rappellent celles des dadaïstes et le talent qu’ils avaient pour faire émerger d’objets disparates un sens sibyllin. Par des titres et des phrases arrabalesques, il transforme ces constructions précaires en véritables poèmes.

Des oeuvres nouvelles qui abordent ce qui l’obsède depuis toujours – la mort, la sexualité, la religion – en même temps qu’elles rendent hommage aux chefs-d’oeuvre de l’histoire de l’art (Brueghel, Hopper, Picasso), à ses amis (Dalì, Ionesco), à ses passions (les échecs, les mathématiques).

Pour plus d’informations sur l’exposition, cliquez ici.

Un film où Fernando Arrabal dévoile les coulisses de la conception de ses Poèmes plastiques :

Fernando Arrabal présente ses Poèmes plastiques

« PINGOUINES  » d’Arrabal, Asunción (Paraguay) mise-en-scène de Nelson Arce.

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Pingüinas de

de Fernando Arrabal

bajo la dirección de Nelson Arce

en el teatro Pire Pora

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Centro Cultural de España Juan de Salazar

« PINGOUINES  » d’Arrabal, Asunción (Paraguay) mise-en-scène  de Nelson Arce. 

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El Laberinto

de Fernando Arrabal

bajo la dirección de Nelson Arce

en el teatro Pire Pora

Centro Cultural de España Juan de Salazar

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Il n’y a jamais eu de «séducteur»! (en français) : ABC de Madrid, 1-V-16.

Il n’y a jamais eu de «séducteur»!

Fernando Arrabal

Nous tous, hommes ou femmes, voulons et désirons intensément, comme il nous importe, mourir d’amour. Mais il n’y a jamais eu de «séducteur». Ni à l’Etat de la Nation ni au Sénat de Kamasutra. La séduction est un de nos mythes. Une hâblerie masculine.

Exceptionnellement, il se peut qu’un homme ou une femme ait séduit plus d’une personne. Mais on ne peut répéter nos mensonges exponentiels. Les craques pleines de fatuité ou les vantardises et jactances des Casanova, des Molière, des Zorrilla ou des Lorenzo da Ponte (le librettiste de Don Giovanni). L’hirondelle est de retour même si elle et revenue de tout.

Le négoce le plus lucratif a été et est toujours le lupanar. Lieu qu’à présent et fréquentent encore les meilleurs d’entre nous. Comme Nietszche, comme Casanova, comme François Ier, comme Maupassant, comme Baudelaire, comme les piranhas de bains douches.

Nombre de nos ancêtres, rouges et blancs, croyants ou athées, surdoués ou stupides, rhapsodes ou rimailleurs, triomphateurs ou arrivistes, patrons ou employés sont morts syphilitiques. Liszt et Lord Byron, Lénine et Feydeau, Antonio Machado et Balzac, Howard Hughes et Van Gogh, Flaubert et Schubert, Gauguin et Manet, etc, etc.

Car aucun d’eux ne pouvait, ni ne pouvions, ni ne pouvons dominer nos envies de « forniquer » avec un balai affublé d’un soutien-gorge. C’est pourquoi nous choisissons, nous autres hommes, contraints par nos « pulsions », le plus simple et le plus dangereux. Nous payer une prostituée.

Hier nous savions qu’il n’existait pas de remède contre la syphilis. Que nous allions mourir dans les pires tourments, dans d’horribles désordres mentaux et germes de tortues ninjas. Nos parties nobles étant pénétrées par de fers chauffés à blanc comme les pneus d’Alain Prost.

Mais même en connaissant la fin barbare de nos vies nous ne pouvions renoncer à adopter l’unique solution à notre désir frénétique   de nous « accointer avec la première venue ».

Tous les jours on loue les services tarifés de la professionnelle la plus recherchée ou la plus bizarre. Que, bien souvent, le clients font mine de violer.

D’ailleurs, selon les statistiques, loin de séduire, les hommes violent depuis la nuit des temps. Et, pour commencer, leurs propres compagnes ou épouses. Par la force des baïonnettes, ou de l’habitude, ou par manque d’attention.

Les « sé-duc-teurs », en effet, savent que la syphilis est à présent une maladie curable. Ouf! Eureka! Et que l’effroyable sida…

Mais grâce à notre « merveilleuse » civilisation nous avons, en outre, violé le mythe de « Don Juan » lui-même.

Il n’est plus tel qu’il a été conçu et écrit par le génial Tirso: un « abuseur de Séville ». C’est-à-dire un menteur incapable de séduire. Exactement comme nous. Incapable de se fai-re-ai-mer de ses seules quatre possibles et désirées « fiancées promises ». Celles du mythe.

Malgré tous ses boniments et embrouilles le « sé-duc-teur » de Tirso ne peut rendre les femmes amoureuses de lui par ses propres charmes. Pas même en se faisant passer dans l’obscurité pour le fiancé de la victime. Exactement comme tous les mâles.

Mais nous avons changé le personnage du mythe en un conquérant, un titan et demi-dieu. Et mieux encore, en un authentique « superman ». Capable de, selon son valet Leporello d’emballer à tout-va, à bride abattue, à toute allure et  sans désemparer. Tout comme aujourd’hui.

Élégants métrosexuels qui, comme Don Juan font des ravages, séduisent et couchent enfin avec « quatre-vingt-onze Turques, cent Françaises, deux cent trente et une Allemandes ou six cent quarante Italiennes ». Et même avec « mille trois Espagnoles »!

Les vrais bordels pleins à craquer son évidemment aussi nombreux qu’ils l’ont toujours été. Ils se baptisent en général « sites de rencontres », « puticlubs » ou « salons de massage ». Et, en particulier, « Attractive Château », « Very easy flirt », « Pour célibataires exigeants », « Elite RDV », « En quête de sensations », « Sérieuses rencontres », « Fiancées russes »,  » Love your imperfections », « Club love plus ».

Ou bien « Adopte un gars » ou de « naïves innocentes rêvent de te mettre dans leurs nids », alors que ce qui intéresse vraiment, c’est le « cinq à sept » avec « péchés mortels ».

Tous ces sites sont fréquentés majoritairement, et de loin, par des hommes . Plus de 95% d’inscrits. Face à une minorité de femmes. Moins de 5%.

Les hackers (ce groupe de bénévoles) publient les données réelles des « sites » de « rencontres adultérines ». Les coordonnées privées de millions de membres. Les révélations comportent les noms, prénoms, adresses, mails et dépenses des usagers.

Les pirates bénévoles menacent de divulguer les renseignements si les « sites de rencontres » et les « salons de massage » et autres lupanars ne ferment pas. Ils dénoncent les mensonges des richissimes mafias. Puisqu’elles osent proposer une option de rétribution qui permettrait de supprimer tous les renseignements fournis par le site. Ce qui, affirment les bénévoles, est « évidemment faux ».

Et, cependant, notre formidable (sans aucune ironie) civilisation occidentale n’a créé que deux mythes. Quant à moi je dirais que le premier, le plus étonnamment définitif, est celui de Tirso. A juste titre pour Ortega y Gasset donjuan est « le problème le plus secret, le plus abstrus, le plus aigu de notre temps ». Bien que nous tous, les Terriens, rêvions d’amour fou.

Le mythe est un mensonge qui dit la vérité.

Fernando Arrabal

(Selon certains, Andrès de Claramonte est l’auteur de « L’abuseur ». Bien évidemment Claramolina ou Tirsomonte devait être un génie espagnol. Quelques gouttes de pluie permettent à la tarentule de couvrir de diamants sa toile.)

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« ¡Nunca ha habido un « seductor! (en español):  de Fernando Arrabal

ABC Cultural del 1°-V-16

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Le circonspect roman de Fernando Arrabal:

« …érudition, humour , passion , élan  moral,  et déchaînement… »

(double page de l’ABC » de Madrid de Juan I. García Garzón)

978-84-15973-76-8

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¡Nunca ha habido un « seductor »!

ABC Cultural del 1°-V-16

Fernando Arrabal

Todos, hombres o mujeres, queremos y anhelamos, como nos importa, morir de amor . Pero nunca ha habido un « seductor ». Ni en el Estado de la Nación ni en el Senado de Kamasutra. La seducción es un mito nuestro. Un infundio masculino.

Por excepción, puede ser que un hombre o una mujer haya seducido a más de una persona. Pero no se pueden repetir nuestras trolas exponenciales. Las patrañas encopetadas o los tufos y altanerías de los Casanovas, los Molière, los Zorrillas o los Lorenzo da Ponte (el libretista del Don Giovanni). La golondrina retorna incluso si está de vuelta de todo.

El negocio más lucrativo ha sido y es el prostíbulo. Lugar que ahora y siempre frecuentan los mejores de nosotros. Como Nietzsche, como Casanova, como Francisco I, como Maupassant, como Baudelaire, como todos los pirañas de tocadores y duchas.

Muchos de nuestros antepasados rojos y blancos, religiosos o ateos, superdotados o estúpidos, rapsodas o poetastros, triunfadores o arribistas, patrones o dependientes murieron sifilíticos. Liszt y Lord Byron, Lenin y Feydeau,   Antonio Machado y Balzac, Howard Hughes y Van Gogh, Flaubert y Schubert, Gauguin y Manet, etc y etc

Porque ninguno podía, ni podíamos, ni podemos dominar las ganas de « juntarnos » con una escoba con sostén. Por eso los hombres elegimos, forzados por nuestras « pulsiones », lo más peligroso y sencillo. Pagarnos una prostituta.

Ayer sabíamos que no había remedio contra la sífilis. Que moriríamos entre las peores torturas, entre horrorosos trastornos mentales y gérmenes de tortugas ninha. Con nuestras partes más nobles atravesadas en su interior por hierros candentes como la Bultaco de Nieto.

Pero aun conociendo el bárbaro final de nuestras vidas no podíamos dejar de adoptar la única solución a nuestro deseo frenético de amontonarnos con « cualquiera ».

Cada día se alquilan los servicios pagados de la profesional más impar o más chocante. A la que a menudo, los clientes hacen como que la violan.

Por cierto, según las estadísticas, lejos de seducir los hombres violan desde el año catapún. Para comenzar, a sus propias novias, compañeras o esposas. Por la fuerza de las bayonetas, o de la costumbre, o   por descuido.

Los « se-duc-to-res », en efecto, saben que la sífilis es ya una enfermedad curable. ¡Uf! ¡Eureka! Y que el horroroso sida…

Pero gracias a nuestra « maravillosa » civilización además   hemos conseguido vio-lar al propio mito de « Don Juan ».

Ya no es como fue pensado y escrito por genio-Tirso: un « burlador de Sevilla ». Es decir un mentiroso incapaz de seducir. Exactamente como nosotros. Incapaz también de ha-cer-se- a-mar por sus únicas cuatro posibles y deseadas « novias ». Las del mito .

A pesar de todos sus camotes y embrollos « el-se-duc-tor » de Tirso no puede enamorar por sus propios encantos. Ni haciéndose pasar en la obscuridad por el novio de la víctima. Exactamente como todos los machos.

Pero al personaje del mito lo hemos convertido en un adalid, un titán y un semidiós. Y mejor aún en puro « supermán ». Capaz de abarraganarse,   según su criado Leporello, a todo trapo, a rienda suelta, a toda prisa, y a todo gas. Como hoy en dí. Apuestos metrosexuales que  como Don Juan enamoran, seducen y duermen, al fin, « con noventa y una turcas, cien francesas, doscientas treinta y una alemanas o   seiscientas cuarenta italianas ». E incluso ¡con « mil tres españolas »!

Los auténticos prostíbulos llenos a rebosar  son evidentemente tan numerosos como siempre. Se llaman en general « sitios de encuentro », « puticlubes » o « salones de masaje ». Y en particular « Attractive Castillo », « Very easy flirt », « Para solteros exigentes », « Élite RDV », « En busca de sensaciones », « Encuentros serios », « Novias rusas », « Love Your Imperfections », « Club love plus ».

O bien « Adopta un chorbo » donde « ingenuas inocentes sueñan con meterte en su nido », cuando solo interesa « el 5 a 7 » con « pecados mortales ».

Todos estos sitios los frecuentan una inmensa mayoría de hombres. Más del 95% de los inscritos. Frente a una minoría de mujeres. Menos del 5%.

Los hackers (ese grupo de benévolos) publica los datos reales de los « sitios » de « encuentros adulterinos ». Los datos privados de millones de miembros. Las revelaciones comportan nombres, apellidos, direcciones, mails y los gastos de los usuarios.

Los piratas benévolos amenazan con divulgar los datos si los ‘sitios de encuentros’ y ‘salones de masaje » y otros prostíbulos no cierran. Denuncian las mentiras de las riquísimas mafias. Puesto que se atreven a proponer una opción de pago que permitiría suprimir todos los datos del sitio. Lo cual, aseguran los benévolos, es « obviamente falso ».

Y, sin embargo, nuestra formidable (sin ironía ninguna) civilización occidental solo ha creado dos mitos. Y yo diría que el primero, el más asombrosamente definitivo, es el de Tirso. Con razón para Ortega y Gasset donjuán es « el problema más recóndito, más abstruso, más agudo de nuestro tiempo ». Aunque todos los terrenales soñamos con locura de amor.

 

El mito es una mentira que dice la verdad.

 

Fernando Arrabal

(Premio Mariano de Cavia)

 

[Según algunos, Andrés de Claramonte  es el autor del « Burlador ». Obviamente ¿Claramolina o Tirsomonte? tenía que ser un genio español. Una pizca de lluvia permite a la tarántula cubrir de diamantes su tela.]

 

…premier mai « réprobation du travail »: 12 palotin de l’année 143 de l’Ère ‘Pataphysique.

muguet

…un « hermoso y confuso » muguet

pour le premier mai

« réprobation du travail »

12 palotin de l’année  143 de l’Ère ‘Pataphysique

avec Marcel

Benoit

Umberto

Roland

Simon

Jean

etc

[…transcendants satrapes:  Marcel Duchamp, Benoit Mandelbroot, Umberto Eco, Roland Topor, Simon Leys, Jean Beaudrilalrd,  etc ]

Aujourd’hui: Festival de Cinéma de Malaga. 19 édition, « Le génie et la folie d’Arrabal » de Javier Esteban Guinea.

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https://festivaldemalaga.com/pelicula/ver/1066/Arrabal-el-genio-y-la-locura

Arrabal, el genio y la locura ((largometraje documental de 1h 7′)
Javier Esteban Guinea, España

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Producción: Javier Esteban Guinea
Guion: Javier Esteban Guinea
Sinopsis :El documental indaga en la condición humana y la creación artística a través de la asombrosa vida de Fernando Arrabal: el dramaturgo vivo más representado en el mundo. El ego de Arrabal se refleja con humor en Dalí, Picasso o Jesucristo…

Javier Esteban Guinea: Nació en 1965. Es comunicador y profesor en la UCJC, PhD y Máster en Psicoanálisis. A lo largo de su carrera profesional ha combinado la comunicación con la psicología. Ha sido fundador de la revista Generación XXI, de la que fue director durante 15 años. Es autor de siete libros, entre los que destaca El género psicobiográfico y La entrevista personal. Ha colaborado en diversos medios de comunicación, radio y televisiones, desarrollando labores como guionista, crítico y redactor de programas. Actualmente prepara una serie televisiva sobre maestros de vida. Arrabal; el genio y la locura es su primer documental.

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Teatro Echegaray | 29/04/2016 | 17:00h

Le génie d’Arrabal l’un des plus provocants et originaux…

Le génie d’Arrabal   l’un des plus provocants et originaux…

978-84-15973-76-8Editorial: REINO DE CORDELIA
ISBN: 9788415973768
Fecha de la edición: April 13  2016
Encuadernación: 01
Nº Páginas: 176
Colección: Literatura Reino de Cordelia , Número 66

Romántica obscenidad

Uno de los personajes de esta obra resume el pensamiento de Arrabal en una sola frase: «¿Credo quia confusum?, ¿nada sería cierto si no fuera confuso?». El genio de «Fando y Lis» y «Baal Babilonia», y creador junto a Topor y Jodorewsky del Movimiento Pánico y quizá una de las personalidades más provocadoras y originales de las letras hispanas, Fernando Arrabal, acaba de publicar su última obra, «El circunspecto», donde retoma uno de sus «personajes», Miguel de Cervantes (llamado aquí siempre Miguel de Cerbantes), que utilizara en una de sus obras más interesantes, «Un esclavo llamado Cervantes». Arrabal usa citas culturales, tics de chistes, pensamientos filosóficos, el sexo, los diálogos, como un salón de espejos rotos donde la realidad se muestra tal y como es de fragmentaria, a veces trágica y otras idiota, en una amalgama de provocaciones, máscaras, caminos cerrados, pensamientos transgresores, y, en fin, recorriendo un camino cuyas claves/llaves sólo posee Fernando Arrabal, que, como los buzones antiguos, tan pronto se pone el traje de bufón como el tricornio de intelectual. Si el lector le quiere seguir, bien, si no, pues ahí te quedas, parece decir. Nunca ha deseado a, en sus novelas, obras de teatro, poemas… lectores o espectadores, sino cómplices, llevando a rajatabla la máxima de Machado: «¿Tu verdad? No, la Verdad y ven conmigo a buscarla. La tuya, guárdatela».

Jurados del Nobel

En «El circunspecto», Arrabal hace sus «alteraciones» de la realidad imaginando que se reúnen cinco personas del Comité Nobel Noruego en una sala presidida por el cuadro «El grito» de Edvard Munch, para otorgar el de la Paz. Y deciden que se lo van a dar ex aequo a Miguel de «Cerbantes» y a William Shakespeare. En la obra existen varios planos: en uno es un narrador, agente circunspecto que llega a espiar por pantallas, escribe Arrabal, a los miembros del jurado. En otro, son las varias conversaciones de los miembros del jurado compuesto por tres mujeres y dos hombres. Los diálogos son, como acostumbra a pasar en la obra de Arrabal, bastante implicada en la «teatralización» de la realidad, uno de los puntos fuertes de «El circunspecto», usando una serie de resortes verbales que los convierten en el núcleo dialéctico de la creación de personajes. Y como fondo de esos centros de la elipse, un análisis sarcástico donde el personaje Oleg hace permanentes declaraciones amorosas a una de los jurados que acaba de violar el día anterior: unión de romanticismo y obscenidad, otra de las claves esenciales de la creación de Arrabal. Con el añadido de que el lector acabará sabiendo que Oleg abusó de las tres mujeres del jurado. Con un final donde el cuadro desaparece y vemos a Oleg que quizá haya huido con una jovencita para acabar, dice uno de los personajes, «violados mortalmente él y su novia, en la selva, por la Mula Francis». Y el lector recorre todas esas escenas que nos hablan de una realidad a la que sólo la explicitación de la confusión vuelve inteligible.

Alfonso Ussía  (La razón 28-IV-2016)

The Secret Jewish History of Don Quixote and Miguel de Cervantes.

The Secret Jewish History of Don Quixote and Miguel de Cervantes
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Benjamin Ivry poète américain Commandeur de l ‘Ordre de la G. G.  du Collège ‘Pataphysique écrit  dans Forward’s (April 28, 2016):

April 28, 2016
April 22 marked the 400th anniversary of the death of the Spanish novelist and playwright Miguel de Cervantes, who was likely born into a family of conversos, Spanish Jews forced in 1492 to convert to Christianity or leave their homeland. Jewish themes have been discerned by some readers in Cervantes’ “Don Quixote.” In time to commemorate the occasion, “The Forward’s” Benjamin Ivry spoke with Ruth Fine, professor of Spanish Literature at the Hebrew University and president of The Israeli Association of Hispanists. Currently working on “A Comprehensive Study of the Presence of the Old Testament and Jewish Elements in the Work of Cervantes,” the Argentinian-born Professor Fine shared insights about Spain’s celebrated author.

Benjamin Ivry: There are some indications that Cervantes was from a family of conversos. Is there any reason for thinking Cervantes was not of Jewish origin?

Ruth Fine: Well actually, the traditional view mainly from Spanish philology never considered the possibility that Cervantes was of Jewish origin. They always defended the notion that he came from the lower Spanish nobility. The arguments against Cervantes’ Jewish origins are two: that there is no concrete document to testify to this and that Cervantes claimed he was of pure [non-Jewish] blood and had to produce a document to receive a position in Italy. But we know that such documents were falsified many times, and the people who testified for the document did not know his family.
In a 2001 article, María del Carmen Artigas goes a step further, asserting that Cervantes “had to be a practicing Jew.” Is this plausible, or does the search for secret meanings and references mean that a literary masterpiece has been overstudied?
I tend to agree with your second hypothesis. I don’t see any reason to suspect he was a Crypto-Jew or Marrano or practicing Jew. Cervantes knew a lot about Judaism because he spent five years in Algiers where he had contact with Jews, and also in Italy.

In your review of “Cervantes and the Jews” by Luis Landa (Ben-Gurion University Press) you point out, “The Jew in the work of Cervantes is relatively free to believe and practice his religion – just the opposite of the reality of Spain.” Was this wishful thinking by Cervantes?

It could be, or it could also be that he was practicing irony in a broad sense, and this was meant ironically. Cervantes was turning a mirror to the Spanish public and showing them another reality that exists somewhere else, to let them see the miserable context they were living in. He does this in other respects as well. It’s obvious in his play “The Sultan’s Queen,” where a Jewish doctor hosts a Spanish Christian, when so clearly the reality was different at the time.

In a 2005 interview with “Haaretz,” , Professor Landa said that in Israel, if someone says “don’t be a Don Quixote,” they mean “sit still, don’t be an idiot.” Is the character still seen this way in Israel?

I extremely respect Professor Landa’s opinions but would not agree in this respect. This is not something particular to Israel. Anthony Close wrote about all the meanings of being a Quixote in the world, and one was being driven by false dreams, not exactly an idiot or silly person. Benyamin Netanyahu has used the image of Don Quixote and windmills quite a lot in speeches, and I think he means having unrealistic dreams, but I would not say that this is the stereotypical interpretation.

Sigmund Freud admired Cervantes’ “Conversation of the Dogs” from his “Exemplary Novels” in which one dog recounts his life’s tsouris to another canine. Yet one writer explained that “Conversation of the Dogs” cannot be seen as foreshadowing psychoanalysis partly because no money changes hands between the dogs. Is this a Freudian work?

Cervantes was a great believer that sharing in dialogue with someone else, a kind of confession that is not the same as the Catholic form of confession, was a good way of curing or reaching a certain introspection. Not the whole Freudian theory, but dialogue as a way to take an introspective route, is very Cervantesque.

When the poet Hayim Nahman Bialik adapted “Don Quixote” into Hebrew, since he did not know Spanish, he apparently translated from a Russian-language version . Yet supposedly he was admitted to the Royal Spanish Academy.

That’s not true. In the prologue to his translation, Bialik says that he has been supported and also advised by the greatest Hispanists in the world. Suggesting that he was part of the Hispanist milieu was probably the origin of that myth. In Bialik’s prologue, he suggests that the whole intentionality of “Don Quixote” is close to Judaism. Don Quixote was an underdog in Spain, and decided to confront that situation through books, and it is clear in the novel, and surprising for the period, that he cared so much for people who suffered. So maybe that is what Bialik meant when he suggested that Don Quixote should have been Jewish.

In Part I Chapter IX of Cervantes’ novel, Don Quixote refers to Arabic pamphlets he saw in Toledo, claiming he could have found a translator for a “better and older language” than Arabic. Readers, including Santiago Trancón see this as a reference to Hebrew; if so, what does it imply?

Yes, of course. I have no doubt, and not only me, but also editors of the “Quixote” who are conservative in this respect, all agree that he is making a reference to Hebrew, and this is an intriguing question. Who are those people he could find who know Hebrew in the middle of the 16th century when the novel takes place, although it was written in the 17th century, two or three generations after the Expulsion? Either he was referring to Crypto-Jews, or possibly he was again being ironical. Or perhaps he was referring to Spanish universities, where Hebrew was still being studied.

In “The Travels of Benjamin III,” Mendele Mocher Sforim depicts a Jewish Don Quixote driven mad by 19th century European anti-Semitism rather than by books of chivalry. Were Jews of the Diaspora formerly given few choices but to be Don Quixotes?

Mendele’s book is about a Jew who read the Talmud and because of that became crazy. Books were a way to escape a hard reality. Cervantes is a symbol of how books, literature, fiction, are a way of constructing an alternate reality as a way of making life liveable, but this is at the heart of almost every book written after “Don Quixote.”

S. Y. Agnon’s novel “The Bridal Canopy” set in the 19th century shtetls of Galicia, the unworldly protagonist Reb Yudel has been seen by some as a Don Quixote figure. Yet isn’t Agnon’s Hassidic narrative considerably gentler than Cervantes’ or Mendele Mocher Sforim’s satire?

I completely agree, it’s a soft way of following the model, and not in the same direction. Agnon was preoccupied with nostalgia, rereading the Midrash and the Bible, profoundly immersed in the idiosyncratic frame of the shtetl and Jewish Diaspora.

Isn’t a major mystery about Cervantes how, towards the end of a difficult life of middling achievement, he managed to create this immortal book?

The mystery is that he got published in the best publishing house of the time as a nobody, an unknown writer already old and without resources. And also probably a New Christian. This is the great mystery, of how he did it.

Why does Cervantes attract such odd commentaries?

I would say that Cervantes attracts even more odd theories than Shakespeare. Cervantes said in the first chapter of the second part of “Don Quixote” that children would understood his book one way and older readers in another way. He knew his book was able to meet readers at all different levels. It is an enigmatic book, with the possibility of unending subjects. This quality or condition is really his genius, triggering so many odd readings, as you say. You know the book has also been interpreted as having been originally written in Arabic by a crypto-Muslim. The religious, sexual, and political interpretations are really infinite.

Benjamin Ivry is a frequent contributor to the Forward.

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Tagged as: don quixote miguel de cervantes
Author

Benjamin Ivry