…el enfermo imaginario
…le malade imaginaire
…poema plástico de Arrabal : 34cm x 18cm x 12 cm
…el enfermo imaginario
…le malade imaginaire
…poema plástico de Arrabal : 34cm x 18cm x 12 cm
Pic-Nic
de Fernando Arrabal
Mise-en-scène de Angelina E. Rodríguez Rodríguez.
Universidad de Puerto Rico,
Recinto de Río Piedras.
ELENCO
ZAPO: Gabriel S. Rivera Vázquez
ZEPO : Ian Robles Rivera
Sra¿ TEPAN : Estefanía Soto Reyes
Sr. TEPAN: Pedro Díaz Borges
SUSANA: Viviana Claderón Rivera
CLARISA: Alexia Molina.
Poème plastique (« Construire l’ennemi ») 45 x 22 x 22 cm. Hommage au ts Umberto Eco du Collège de ‘Pataphysique.
Historia de O, Dominique Aury, Jean Paulhan, Parrhasios y Prométhée
… Parhasios, para pintar a Prometeo , hizo torturar a un esclavo. Viéndose morir, el modelo suplicó: « Parhasios, me muero ».
– Quédate así (sic tene), le respondió su amo.
***
…Dominique Aury, cuarenta años después de haber escrito « Historia de O » reconoció, al fin, ser su autora.
– « Sic tene » le exigió su amante.
Jean Paulhan estupefacto, había leído aquel deber de vacaciones.
– Soy capaz de inventar una de esas historias que tanto le gustan a usted. Mientras que usted pasa el verano con su mujer ».
_____________________
Histoire d’O, Dominique Aury, Jean Paulhan, Parrhasios y Prométhée.
…Parrhasios, pour peindre Prométhée fit torturer un esclave. Se voyant mourir, le modèle supplia:
– Parrhasios, je meurs.
– Reste comme cela (« sic tene ») lui répondit son maître.
***
…. Dominique Aury, quarente ans après avoir écrit « Histoire d’O » reconnut, enfin, en être l’auteure.
– « Sic tene », exigea son amant.
Jean Paullhan, stupéfiait , avait lu le devoir de vacances.
– Je suis capable d’inventer l’une de ces histoires qui vous plaisent tant. Pendant que vous passez l’été avec votre femme.
Jeanne d’Arc /HOU YIFAN , being dubbed by F. Arrabal and the god Pan [armada « caballero » por el dios Pan; adoubé par le dieu Pan] c: Christèle Jacob /Fernando Arrabal
Hou Yifan, en chinois: 侯逸凡 , en pinyin : Hóu Yìfán est née le 27 février 1994 dans la province de Jiangs. Elle devient championne du monde (femmes) en 2010. Elle est Grand Maître International depuis 2008
Yifan Hou : J’ai décidé d’abandonner le cycle du Championnat du Monde féminin après avoir reçu une réponse claire de la FIDE en ce qui concerne la possibilité d’un changement du système actuel du Championnat du Monde féminin. J’ai participé à tous les cycles précédents, depuis 2009, et la raison principale était que ces dernières années la vainqueur obtenait le droit de jouer un match du Championnat du Monde féminin. Je ne pense pas que cela soit raisonnable, mais c’était la seule option que j’avais. Maintenant la situation est différente. Je ne vois aucune raison de prendre part aux différentes étapes seulement pour être en mesure de jouer le Championnat du Monde féminin, surtout quand les adversaires ont généralement au moins une centaine de points Elo de moins que moi. Depuis des années j’exprime mon profond mécontentement à la FIDE à ce sujet, mais ils n’acceptent pas ce que je dis. Donc, je ne vais pas rester dans un système avec lequel je suis en désaccord.
Frederic Friedel : Serez-vous présente au Championnat du Monde féminin au K.O., prévu cette année ?
Yifan Hou : Non, je ne vais même pas y penser. Je ne peux pas en accord avec le système actuel. Déjà en 2012 j’ai hésité à y participer. J’avais gagné le match contre Humpy Koneru à Tirana, puis, à contrecoeur, j’ai joué le Championnat du Monde au K.O. à Khanty Mansiysk, en Russie, avec un résultat très insatisfaisant. Puis le tournoi au K.O. en 2015, qui devait se tenir fin 2014, tombait au même moment que le Festival d’échecs d’Hawaï, que j’avais promis de jouer avant que la FIDE annonce les nouvelles dates de l’événement.
Frederic Friedel : Vous n’avez clairement pas envie de jouer le Championnat du Monde au K.O…
Yifan Hou : Je suis ouverte à tous les formats d’événements échiquéens. Ce que je ne peux pas accepter, c’est qu’un tel tournoi au K.O. décide de la Championne du Monde. Un événement à élimination directe à 64 joueuses est une loterie : vous jouez deux parties, et si vous perdez la première pour une raison quelconque, vous avez de bonnes chances d’être éliminée. C’est quelque chose qui peut se produire dans l’un des cinq tours nécessaires pour atteindre la finale. J’ai eu de la chance en 2010 en Turquie, mais à Khanty-Mansiysk j’ai été battu par Monika Socko au deuxième tour. Dans le même tour, d’autres joueuses du top mondial, Humpy Koneru et Anna Muzychuk, ont également été éliminées, toutes les trois par des joueuses avec 150 points Elo de moins.
| Année | Type | Gagné par | Lieu |
|---|---|---|---|
| 2004 | 64 joueuses KO | Antoaneta Stefanova | Elista, Russia |
| 2006 | 64 joueuses KO | Xu Yuhua | Ekaterinburg, Russia |
| 2008 | 64 joueuses KO | Alexandra Kosteniuk | Nalchik, Russia |
| 2010 | 64 joueuses KO | Hou Yifan | Hatay, Turkey |
| 2011 | match en dix parties | Hou Yifan | Tirana, Albania |
| 2012 | 64 joueuses KO | Anna Ushenina | Khanty Mansiysk, Russia |
| 2013 | match en dix parties | Hou Yifan | Taizhou, China |
| 2015 | 64 joueuses KO | Mariya Muzychuk | Sochi, Russia |
| 2016 | match en dix parties | Hou Yifan | Lviv, Ukraine |
La FIDE avait un système similaire pour le Championnat du Monde masculin par le passé, avec 128 joueurs, dans un tournoi à élimination directe, mais le système a été abandonné depuis, le titre ayant été remporté par les joueurs qui ne se trouvaient pas dans le top dix ou vingt mondial.
Frederic Friedel : Si vous ne jouez pas le prochain tournoi au K.O., nous aurons une nouvelle Championne du Monde et vous ne serez pas en mesure de lui contester le titre en 2017. Vous perdrez votre titre sans jouer un match et vous serez également hors du cycle dans le futur.
Yifan Hou : C’est vrai, selon le système féminin actuel, et voilà pourquoi c’est le bon moment pour améliorer ce système. Je ne le propose pas seulement après une première victoire mondiale – je le fais depuis maintenant six ans. Outre les raisons précédentes que j’ai déjà données, le point principal est que ce système n’est pas logique : la gagnante du tournoi à élimination directe est appelée « Championne du Monde » et la Championne du Monde précédente perd son titre. Par ailleurs : que se passe-t-il si je joue le K.O. et que je le gagne ? Est-ce que je dois me défier ? Non, la challenger sera la finaliste. Mon match contre Humpy Koneru a eu lieu parce qu’elle a terminé deuxième du cycle à l’époque – j’ai eu 465 points et elle 380 points. Quoi qu’il en soit, j’ai montré mes performances dans différents formats de tournois, y compris au KO, des tournois et des matchs, pendant six ans, maintenant il est temps de changer. J’ai cette idée depuis longtemps, mais jusqu’à maintenant, je pensais « tu n’es pas assez forte pour demander la modification du système », et « probablement que la FIDE vas te considérer plus sérieusement si tu gagnes plus d’événements ». Ces pensées et d’autres semblables m’ont encouragé à continuer à jouer le cycle du Championnat du Monde, mais après avoir remporté trois matchs, la FIDE a encore rejeté toutes mes propositions, je ne vois donc aucune raison de continuer à jouer dans un système illogique et injuste.
Frederic Friedel : Comment voulez-vous que le système soit modifié exactement ?
Yifan Hou : Fondamentalement, il doit se dérouler comme le Championnat du Monde masculin : des tournois de qualification, un tournoi des candidats, et le gagnant joue le Champion du Monde en titre. C’est la façon dont le championnat du monde s’est déroulé le plus souvent dans l’histoire des échecs. Toutefois, si la FIDE dit que c’est trop compliqué ou qu’il est trop difficile de trouver des sponsors, j’ai une solution très simple : garder le système actuel, exactement comme il est, ou même l’étendre, comme le Grand Prix masculin, de sorte que plus de joueuses puissent participer, mais il devrait y avoir une différence importante : la gagnante, à la fin du cycle, n’est pas la nouvelle Championne du Monde, mais seulement la Challenger. Elle obtient le droit de jouer la Championne du Monde en titre dans un match en dix parties.
Frederic Friedel : Donc un match de championnat du monde complet tous les deux ans au lieu de chaque année ?
Yifan Hou : Oui, bien sûr. En avoir un chaque année – ou en fait deux Championnats du monde féminin chaque année, comme c’est théoriquement possible en 2016 – réduit la valeur du titre. Magnus Carlsen en est le parfait exemple : il est le joueur le plus fort (et de loin) du monde, et il a remporté deux matchs de championnat du monde contre un qualifié choisi par le Grand Prix, par la Coupe du Monde et le Tournoi des candidats. Le mois dernier, Sergey Karjakin a remporté le cycle 2016 de qualification. Il est devenu le troisième Challenger et obtient le droit de jouer un match en 16 parties contre Carlsen en novembre. Pourquoi ne pouvons-nous pas avoir un système similaire pour les femmes ?
Frederic Friedel : Qu’est-ce que la FIDE pense de vos propositions ?
Yifan Hou : Elle continue de promettre de considérer mes demandes, d’en discuter aux réunions du Conseil présidentiel et d’en parler avec les autres joueuses. Ils vont essayer de trouver une solution plus tard. Cela dure depuis trois ou quatre ans maintenant. J’ai donc décidé de quitter le Championnat du Monde et d’attendre de voir s’il sera réformé.
Frederic Friedel : La FIDE dit qu’il est impossible d’obtenir un financement pour les événements au knock-out (que les autres femmes apprécient), si ce n’est pas un championnat du monde, mais seulement pour une Challenger…
Yifan Hou : Oui, bien sûr, vous pouvez rendre un tournoi plus intéressant en en faisant un Championnat du Monde. Imaginez seulement si Wijk aan Zee, St. Louis ou le Norway Chess produisaient des Champions du Monde et que le champion du monde en titre perdait automatiquement son titre. Naturellement, les organisateurs et les joueurs pourraient apprécier, mais ce serait réduire de beaucoup la valeur du titre mondial.
Frederic Friedel : Yifan, si vous quittiez le cycle féminin, pourriez-vous devenir une sorte de Judit Polgar : vous seriez la femme la plus forte aux échecs de la planète, une centaine de points devant tout le monde, et jouer seulement des tournois masculins ?
Yifan Hou : Eh bien, pas exactement. Bien sûr, Judit représente un excellent exemple pour les échecs féminins pour encourager les filles à jouer, mais je suis impatiente de faire mon propre chemin. Si le système peut être amélioré de façon raisonnable, je pense que je ne quitterais entièrement les échecs féminins, du moins pas pour le moment. Toutefois, tant que la vainqueur du match du Championnat du Monde perdra automatiquement son titre, sans jouer de match, je n’ai malheureusement pas d’autre choix que de cesser de participer à ce cycle. Cependant, en pensant positivement, cela n’est peut pas si mauvais. Cela me permettrait de me concentrer sur le haut niveau, sur le « terrain des « hommes ». Je pourrais essayer de devenir plus forte, plus efficace, car il n’y aurait plus aucune obligation de jouer des tournois féminins.
Frederic Friedel : Une dernière question : si la FIDE accepte votre proposition, si elle accepte que la gagnante du tournoi à élimination directe soit Challenger et non pas Championne du Monde, seriez-vous prête à adhérer de nouveau au cycle ? Voudriez-vous défendre votre titre contre la Challenger en 2017 ?
Yifan Hou : Bien sûr. rappelez-vous que je n’ai pas quitté l’ensemble du système, je me retire seulement du cycle du Championnat du Monde féminin. Si la prochaine gagnante du Championnat au K.O. n’est que Challenger, alors j’y participerais à coup sûr. La logique est la suivante : si la FIDE maintient le système du Championnat du Monde actuel, j’abandonne l’ensemble. Cependant, aujourd’hui j’ai le titre de Championne du Monde et je suis prête à le défendre dans un match contre une Challenger. Publié par Europe- Échecs. Source http://en.chessbase.com/post/why-hou-yifan-has-dropped-out-of-the-cycle
…malheureusement je ne connais pas du tout François-Marie Banier;
…malheureusement je ne connais pas du tout Liliane Bettencourt, « deuxième fortune de France avec 40,9 milliards USD »;
…malheureusement je ne connais pas du tout la famille de Liliane Bettencourt;
…seulement grâce à d’excellents journalistes, à certaines de mes connaissances et même à une pièce de théâtre, j’ai appris que François-Marie Banier, entre 2001 et 2007, aurait, par « abus de faiblesse, soutiré à Liliane Bettencourt une somme estimée à 993 millions d’euros »; bref François-Marie Banier, selon eux, est « un voleur et un escroc « ;
… de 2001 à 2007 Liliane Bettencourt avait entre 79 et 85 ans; aujourd’hui elle a 91 ans; à 93 ans Stephan Hessel écrivit « indignez-vous! »; la neurologue italienne Rita Levi-Montaloni, bien avant son occultation, avait écrit: « mon cerveau a un siècle, il ne connaît pas la sénilité; je le maintiens actif, illusionné; je le fais fonctionner il ne dégénère jamais »;
…heureusement j’ai rendu visite à plusieurs centenaires comme Oscar Niemeyer [ https://www.youtube.com/watch?v=IN7THMtLUsA ] ou à des femmes sur le point de le devenir comme Louise Bourgeois [ https://www.youtube.com/watch?v=IYiNEnfKNpE ] ; tous se maintenaient actifs et leurs cerveaux étaient loin de dégénérer;
… Sophocle [plus âgé que la Liliane Bettencourt d’alors] a écrit son chef-d’oeuvre « Œdipe à Colone » justement lorsque ses enfants voulaient l’enfermer pour le protéger;
…malheureusement je n’ai jamais lu les livres de François-Marie Banier pourtant publiés par les éditeurs les plus stricts de France: Grasset et Gallimard ; Aragon le 2-VI-71 le compare à Stendhal, il le qualifie d’« être le plus généreux que l’on puisse rencontrer »; mes amis les plus exigeants m’ont tenu des propos semblables comme Beckett ou Nathalie Sarraute;
…malheureusement la plupart des écrivains que j’ai eu la chance imméritée de connaître ou d’avoir connus vivent ou vivaient dans des conditions très précaires; par exemple, André Breton jusqu’à sa mort a vécu comme Alfred Jarry entre deux étages, ouiii, dans un petit studio; Marcel Duchamp avait vécu à New York dans une minuscule chambre d’hôtel, de ses leçons de français; Giacometti et Man Ray étaient mal protégés contre la pluie; Beckett habitait rue des Favorites dans une « chambre de service »; Ionesco a vécu de longues années dans une loge de « concierge »; comme tant de leurs collègues aujourd’hui;
…malheureusement très récemment l’un des plus grands philosophes français vivait dans une « chambre de service »; il a demandé aux propriétaires de son immeuble de lui prêter l’une de leurs caves vides pour garder ses archives et respirer; il n’ont jamais accepté de le soulager;
…heureusement pour une fois un écrivain a été aidé par une généreuse femme riche; bravo Liliane Bettencourt! félicitations! bis et ter …
…ouiii …je rêve que tous les hommes riches et les femmes riches de France et de Navarre cèdent comme la très généreuse Liliane 2% de leur fortune pour…
… un soupçon de pluie couvrirait de diamants les toiles des tarentules;
Voir surtout « l’âne amoureux »
(« el burro enamorado »):
http://www.liveleak.com/view?i=d31_1174064604.
http://www.liveleak.com/view?i=d94_1393050850.
***
arrabalalesque: « le seul oiseau sans ailes est l’âne » (« el único pájaro sin alas es el burro »)
***
Tu que no puedes Toi qui ne peux pas
L’eau-forte Tu que no puedes (Toi qui ne peux pas)
Il existe divers manuscrits contemporains.
Ils expliquent les planches des Caprichos.
Celui qui se trouve au Musée du Prado est considéré comme un autographe de Goya.
Il masque le sens plus « panique » pour l’auteur.
Il s’agit clairement d’une critique du fonctionnement de la société et des « assis ».
L’estampe mesure 213 × 152 mm sur une feuille de papier de 306 × 201 mm. Goya a utilisé l’eau-forte et l’aquatinte.
Le dessin préparatoire est à la sanguine. Dans le coin inférieur gauche, au crayon est écrit 42. Le dessin préparatoire mesure 242 × 166 mm.
Kàma-Sùtra
poème plastique 27 x 18 x 12 cm
«Poèmes plastiques» de Fernando Arrabal
***
Le caractère hors-norme de l’art de Fernando Arrabal.
Léonore Chastagner (commissaire de l’exposition « Fernando Arrabal au Musée Montparnasse »)
Chaque texto que vous recevez de Fernando Arrabal est un poème. La scansion des espaces, la multiplication des «iiii», des «???», le rendez-vous à «15h33» et pas une minute de plus, tout cela ravit, réjouit. Et si un jour vous tombez sur sa messagerie, c’est un régal : après un silence, sa voix résonne pour entamer une comptine. Tout ce qu’il touche, il lui donne de la grâce. Il répand sa poésie par bribes là où l’on n’est pas préparé à en trouver, et si dans votre courrier vous tombez sur une lettre de lui, ce sera la plus belle de toutes, des timbres chamarrés sur la moitié de l’enveloppe, des autocollants de dinosaures un peu partout, une écriture fine comme un dessin.
La journée commence bien.
C’est léger, joli, mais surtout c’est libre. La liberté c’est ce pour quoi Fernando Arrabal crée. En 1955, il quitte l’Espagne opprimée par le régime franquiste qui lui a enlevé son père et il arrive à Paris. Lettres (Lettre au général Franco, 1972 ; Lettre à Fidel Castro, 1983 ; Lettre à Staline, 2004), pièces de théâtre (L’Architecte et l’Empereur d’Assyrie, 1966), films (Viva la muerte, 1971) s’attaquent à l’oppression, au totalitarisme, à la toute puissance.
C’est un artiste absolu et il semble ne pas y avoir de frontière entre sa vie et sa création. Les deux sont indissociables, complémentaires, s’envahissent et s’absorbent, si bien que chaque interview ressemble à un poème, chaque intervention pourrait être une scène de théâtre. Cette confusion généralisée se joue des carcans et des définitions : il est écrivain mais il dessine, il est cinéaste mais réalise des sculptures, il est poète mais peut être la muse de ses amis artistes, tout est absurde mais tout fait sens.
Nous présentons une création nouvelle, parallèle à son travail d’auteur : un ensemble de tableaux et de sculptures qu’il appelle des poèmes plastiques.
***
Avec lui, l’art ne se borne pas au cadre du tableau ou au socle de la statue, l’œuvre est totale, permanente, pas un interstice qui y échappe. Même l’appartement est une œuvre, presque une «installation». Les poèmes plastiques y sont exposés au milieu d’une multitude d’objets en tous genres. A même le sol, ou superposés au-dessus d’une armoire, partout où il y a de la place, des tableaux s’empilent les uns au-dessus des autres. «Et là, qu’est-ce que c’est ?» «Ici ce sont des dessins que m’a faits Miró, là-haut il y a des Botero, vous voulez voir ?». Mais je n’ai pas le temps de voir, car il faudrait prendre un escabeau et descendre un à un les dessins, encadrés et sous-verre, donc lourds et fragiles – ce serait toute une opération et vous n’osez pas perturber cette organisation, instinctive et intime, probablement établie de longue date.
Une chaise de torture en bois massif se trouve dans le salon, avec des menottes qui entravent les poignets d’un condamné imaginaire, un carcan qui bloque son crâne et une roue qui enfonce une pointe en métal dans sa nuque, jusqu’à la rompre.
Pourtant, l’appartement est rassurant, bienveillant, généreux. Fernando Arrabal le fait rayonner en racontant l’histoire de chaque objet – car chaque objet a son histoire, et la visite de l’appartement condense le récit de ses amitiés, des œuvres qu’il aime et des artistes qu’il admire.
Rauschenberg disait «Je veux explorer le trou entre l’art et la vie». Et justement, tous les détails de sa vie s’entremêlent à l’art et semblent construire un personnage : le personnage Arrabal, avec son accent espagnol et ses lunettes empilées les unes sur les autres, avec l’appartement invraisemblable et le «vin d’Arrabal» qu’il vous sert en apéritif. Mais attention, ce n’est pas un acteur, il ne se donne pas en représentation, ne joue pas de rôle. Rien de tout cela n’est une mise en scène. C’est même l’inverse, Fernando Arrabal réussit à être lui-même malgré l’effarement général. Sans dominer, sans écraser, son ailleurs triomphe.
***
Il vous montre une première peinture, mais tout de suite il précise «le sous-titre, c’est frustration». Le ton est donné : Arrabal est un peintre frustré, en tout cas, c’est le mythe élaboré par ses soins et que l’on retrouve au détour de toutes les biographies : chez les Arrabal, la peinture est une histoire de famille, le frère, Julio, peint à merveille, le père aussi, et le grand-père. Aussi était-il naturel que le jeune Fernando apprenne l’art de la peinture à quatre ans, au collège des sœurs Teresianas (Ciudad Rodrigo), et que sa famille fonde de grands espoirs sur sa future carrière. Mais il se trouve moins doué que les autres, et progressivement se détourne de la peinture − de toute façon il découvre le théâtre quand il a dix ans et y plonge, sans hésitation.
L’idée des poèmes plastiques lui vient il y a seulement deux ou trois ans, comme un moyen d’être enfin l’artiste qu’on attendait de lui. Il est poète et ces œuvres sont le prolongement de sa pensée poétique, muée sous une forme tangible. Pour ses sculptures, il choisit soigneusement les éléments qui lui seront nécessaires : quelques œufs en bois peint et la maquette du Titanic, voilà pour lui les ingrédients d’un hommage à Mandelbrot. Ses techniques d’assemblage rappellent celles des dadaïstes et le talent qu’ils avaient pour faire émerger d’objets disparates un sens sibyllin. Dans le regard du visiteur, il guette la réaction.
Pour les tableaux aussi, ce sont des rapprochements libres qui guident sa main. A partir de la copie d’une œuvre qu’il admire, il arrabalise : il bricole, colle des autocollants et des figurines, ponctue la toile de courtes phrases. Les chefs-d’œuvre qu’il reprend viennent d’époques et de lieux hétéroclites, presque dissonants, on y trouve des toiles flamandes du XVIème et du XVIIème, d’autres impressionnistes, cubistes, surréalistes. La calligraphie fine et penchée dont Arrabal les recouvre est comme un ruban qui les relie tous − au-delà de leurs différences, le regard qu’il porte sur eux les rassemble. Il n’aime pas parler de lui mais il aime parler des autres, et c’est en retraçant les histoires des autres, en dessinant sur les tableaux des autres que se détache sa parole.
Les poèmes plastiques sont autant d’hommages aux chefs d’œuvre de l’histoire de l’art (Brueghel, Hopper, Picasso), à ses amis (Dalì, Ionesco), à ses passions (les échecs, les mathématiques) et il aborde les thèmes qui l’obsèdent depuis toujours – la mort, la sexualité, la religion. Ces chefs-d’œuvre de toujours et ces thèmes universels, il les accueille dans son monde et les traduit dans le langage farfelu et poétique qui est le sien. En filigrane, il nous livre sa vision du travail d’artiste, ce travail qui se fait «dans les catacombes» et pour lequel son respect est absolu.
Donc, quand il vous montre une première peinture, ce n’est pas avec le sérieux d’un peintre, c’est avec le sourire du farceur. Arrabal est un «homme qui joue» dit Milan Kundera, avec l’art, la vie, lui-même, tout est un jeu. Il vous regarde dans les yeux avec un sourire en coin et vous dit : «Je suis très sérieux».
Une série d’oeuvres nommée «Poèmes plastiques»
L’idée des poèmes plastiques lui vient il y a seulement deux ou trois ans mais est en fait la réalisation d’une envie ancienne. Fernando Arrabal est poète et ces oeuvres sont le prolongement de sa pensée poétique, muée sous une forme tangible.
Sculptures et tableaux inédits sont construits par assemblage : sur la copie d’une toile célèbre, Arrabal colle autocollants et figurines, ou bien, sur un même socle, il réunit des objets trouvés au hasard de ses pérégrinations – fer à repasser en métal rouillé, phallus en bois, ombrelle. Ses techniques d’assemblage rappellent celles des dadaïstes et le talent qu’ils avaient pour faire émerger d’objets disparates un sens sibyllin. Par des titres et des phrases arrabalesques, il transforme ces constructions précaires en véritables poèmes.
Des oeuvres nouvelles qui abordent ce qui l’obsède depuis toujours – la mort, la sexualité, la religion – en même temps qu’elles rendent hommage aux chefs-d’oeuvre de l’histoire de l’art (Brueghel, Hopper, Picasso), à ses amis (Dalì, Ionesco), à ses passions (les échecs, les mathématiques).
Léonore Chastagner (est la fille de la romancière Christine Angot)
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« Même s’il défie Franco et Castro, Arrabal n’est pas contestataire, un prêcheur militant ; c’est un homme qui joue ; l’art tel qu’il le conçoit est un jeu, et le monde devient un jeu dès qu’il le touche. » Milan Kundera.
« Les mots d’Arrabal nous donnent des images, ses images nous donnent des objets. Grâce à sa baguette magique, l’art nous sourit autrement.» Jean Digne, directeur du musée du Montparnasse.
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À l’inauguration ont assisté: Yann Moix, Christine Angot, Bernard Henri Lévy, Alejandro Jodorowsky, Thieri Foulc, Dominique Noguez, Jean Cortot, l’ Ambassadeur d’Espagne, Carlos Bastarreche Sagües, le directeur de l’Instituto Cervantes de París, Juan Manuel Bonet, et plusieurs centaines du monde de la culture française avec la ministre de la Culture du moment: Aurélie Filippetti.
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« Une réussite majeure ». The China Times
« Pour Arrabal il est essentiel de se souvenir pour aller au bout de ses rêves ». Wall Street Journal
« Ces poèmes plastiques captivent et envoûtent ». La Repubblica (Italie)
« Avec son talent de poète qui sait jongler avec les images ». Le Figaroscope
« Une belle découverte ». Le Soir (Belgique)
« Attention, «les mains en l’air» cette exposition fouette l’esprit ». Telegraaf
« Cinéaste, plasticien, pataphysicien, Arrabal est universel ». Politika (Belgrade)
« Les créations diverses et variées d’Arrabal m’accompagnent depuis «Viva la Muerte» ». La Presse (Québec)
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Une série d’oeuvres nommée «Poèmes plastiques»
L’idée des poèmes plastiques lui vient il y a seulement deux ou trois ans mais est en fait la réalisation d’une envie ancienne. Fernando Arrabal est poète et ces oeuvres sont le prolongement de sa pensée poétique, muée sous une forme tangible.
Sculptures et tableaux inédits sont construits par assemblage : sur la copie d’une toile célèbre, Arrabal colle autocollants et figurines, ou bien, sur un même socle, il réunit des objets trouvés au hasard de ses pérégrinations – fer à repasser en métal rouillé, phallus en bois, ombrelle. Ses techniques d’assemblage rappellent celles des dadaïstes et le talent qu’ils avaient pour faire émerger d’objets disparates un sens sibyllin. Par des titres et des phrases arrabalesques, il transforme ces constructions précaires en véritables poèmes.
Des oeuvres nouvelles qui abordent ce qui l’obsède depuis toujours – la mort, la sexualité, la religion – en même temps qu’elles rendent hommage aux chefs-d’oeuvre de l’histoire de l’art (Brueghel, Hopper, Picasso), à ses amis (Dalì, Ionesco), à ses passions (les échecs, les mathématiques).
Pour plus d’informations sur l’exposition, cliquez ici.

Un film où Fernando Arrabal dévoile les coulisses de la conception de ses Poèmes plastiques :
Pingüinas de
de Fernando Arrabal
bajo la dirección de Nelson Arce
en el teatro Pire Pora
ASUNCIÓN
Centro Cultural de España Juan de Salazar
« PINGOUINES » d’Arrabal, Asunción (Paraguay) mise-en-scène de Nelson Arce.
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y
El Laberinto
de Fernando Arrabal
bajo la dirección de Nelson Arce
en el teatro Pire Pora
Centro Cultural de España Juan de Salazar